«Cette annonce est clairement insuffisante». La classe politique espagnole, à l’image de la déclaration de Cadena Ser Leire Pajin, n°3 du Parti socialiste (PSOE) au pouvoir, a exprimé dimanche son scepticisme après l'annonce d'un cessez-le-feu de l'organisation indépendantiste basque ETA.
«Nous demandons une fois de plus (à l'ETA) ce que souhaite le plus la société espagnole: qu'elle se dissolve et qu'elle abandonne les armes une fois pour toutes», a-t-elle ajouté, semblant anticiper la réaction du gouvernement. Ce dernier n'avait toujours pas réagi officiellement dimanche en milieu d'après-midi, mais restait «prudent» et «sceptique» selon plusieurs médias en ligne espagnols.
Pour le responsable de l'Intérieur du gouvernement autonome basque Rodolfo Ares, cette annonce est «absolument insuffisante parce qu'elle ne répond pas à ce que l'immense majorité de la société basque exige et demande de l'ETA, qui est qu'elle abandonne définitivement l'activité terroriste», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Bilbao (nord).
De son côté, le président au Pays Basque du principal parti d'opposition espagnol, le Parti Populaire (droite), Antonio Basagoiti, a lui aussi jugé le communiqué «insuffisant», tout comme le responsable écolo-communiste Gaspar Llamazares. «La déclaration que nous souhaitons, c'est une dissolution définitive», a déclaré Basagoiti, estimant que l'annonce de l'ETA «a tous les aspects d'un mouvement tactique» à l'approche des élections municipales basques de 2011.
«Il ne faut pas oublier que nous sommes à quelques mois des élections municipales auxquelles (les indépendantistes du bras politique interdit de l'ETA, Batasuna) veulent participer à tout prix», a-t-il déclaré.
Angeles Pedraza, présidente de l'Association des victimes du terrorisme (AVT), a elle aussi considéré cette annonce comme «insuffisante». «Il n'y a aucune crédibilité, car l'ETA a déjà décrété plusieurs trêves et a continué à tuer, a-t-elle affirmé. La seule chose qui nous importe, en tant que victimes, est la défaite totale, la remise des armes et la dissolution de la bande armée.»
L'ETA, tenue pour responsable de la mort de 829 personnes en plus de quarante ans de violences, a annoncé dimanche un cessez-le-feu, après un an sans attentat et de nombreuses arrestations de ses membres, sans préciser si ce cesse-le-feu était temporaire ou définitif.