Sakineh Mohammadi-Ashtiani condamnée à 99 coups de fouets supplémentaires

Publié le 6 septembre 2010.

IRAN - Elle a été condamnée pour avoir propagé «la corruption et l'indécence» via une photo parue dans le «Times» anglais...

L'Iranienne Sakineh Mohammadi-Ashtiani, menacée d'être exécutée par lapidation, a été condamnée à 99 coups de fouet supplémentaires, selon des informations transmises par son fils, publiées samedi sur le site de la revue La règle du jeu et le blog Dentelles et Tchador du Monde.fr.

Condamnée pour avoir propagé «la corruption et l'indécence»

Le journaliste franco-iranien Armin Arefi s'est entretenu au téléphone avec Sajjad Mohammadi Ashtiani, le fils de cette Iranienne de 43 ans. Selon ce dernier, sa mère a été condamnée à 99 coups de fouet pour avoir propagé «la corruption et l'indécence», en raison de la publication d'une photo dans un quotidien britannique.

«C'est l'avocat de ma mère, Houtan Kian, qui l'a appris hier (vendredi, ndr) de détenues de la prison qui venaient d'être libérées», a expliqué Sajjad depuis la ville de Tabriz. «Il a ensuite pris contact avec le juge indépendant de la prison, qui a confirmé la peine». Le quotidien britannique Times a publié le 28 août la photo d'une femme sans foulard qu'il a affirmé être Sakineh Mohammadi-Ashtiani, indique le journaliste sur le site de la revue de Bernard-Henri Lévy et le blog Dentelles et Tchador.

Activiste politique iranienne

Cette photo était en fait celle d'une activiste politique iranienne vivant en Suède, explique le journaliste. Vendredi le Times s'est excusé auprès de ses lecteurs, et a expliqué que cette photo lui avait été fournie par Mohammad Mostafaei, second avocat de Sakineh, ce dernier ayant affirmé qu'il la tenait du fils de Sakineh.

«Ce n'est pas moi qui ai donné à M. Mostafaei cette photo, qui n'est sûrement pas celle de ma mère», a déclaré Sajjad. Mohammad Mostafaei s'est réfugié en Norvège début août pour échapper à un mandat d'arrêt émis par les autorités iraniennes.

Pétition

La condamnation à mort par lapidation de Sakineh a déclenché une vaste campagne internationale pour éviter ce châtiment qui a été provisoirement suspendu. Mais «suspendu ne veut pas dire annulé», a souligné son fils dans un entretien avec Bernard-Henri Lévy paru vendredi dans Libération. Selon Sajjad, un responsable de la prison a dit à sa mère que «son exécution était prévue pour dimanche, à 6 heures».

Pour tenter de sauver Sakineh, BHL a lancé une pétition qui avait rassemblé samedi plus de 61.800 signataires, selon le site de la revue La règle du jeu, qui l'héberge.

B.D. avec AFP
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