Le spectre des émeutes contre la faim refait son apparition. Plusieurs manifestations, organisées mercredi dans les quartiers pauvres de Maputo, la capitale du Mozambique, ont tourné aux émeutes. Selon le dernier bilan officiel, elles auraient fait 7 morts et 288 blessés en deux jours. De nombreux témoignages font état de tirs à balles réelles sur la foule de la part de la police.
Mercredi, des milliers de personnes s’étaient rassemblées à l’appel de textos afin de manifester contre la hausse des prix. Depuis plusieurs semaines, l’eau, l’électricité et le carburant connaissent une forte augmentation. Et les médias ont annoncé qu’une hausse de 25% du prix du pain était prévue la semaine prochaine.
Selon Philippe Gagnaux, conseiller municipal de Maputo interrogé par RFI, «la crise arrive au Mozambique. (…) Les produits de base montent terriblement et cela devient presque insoutenable.»
Malgré le climat tendu et le bilan des émeutes, le gouvernement a refusé de revenir, jeudi, sur ses décisions, qualifiant ces hausses d’«irréversibles».
Pour Americo Ubisse, porte-parole de la Croix-rouge nationale, «ces émeutes sont plus graves que celles de 2008 parce qu’elles ont atteint tous les bidonvilles».
Jeudi matin, les heurts se sont poursuivis dans les quartiers pauvres de Maputo. La police a annoncé avoir arrêté 142 personnes. Dans la ville, les manifestations ont marqué les rues. Selon le porte-parole du gouvernement, 23 magasins ont été pillés, 12 bus et deux wagons de train vandalisés.