Entre mars et août, 18 enfants sont morts dans six attaques d'établissements scolaires.
Entre mars et août, 18 enfants sont morts dans six attaques d'établissements scolaires. - P. PARKS / AFP

Faustine Vincent

Quelque 220 millions de petits Chinois ont fait leur rentrée scolaire mercredi en primaire et au collège, mais sous la surveillance de centaines de milliers de gardes ou policiers pour empêcher de nouvelles attaques sanglantes contre des écoles.

Entre mars et août, dix-huit enfants sont morts dans six attaques et plus de quatre-vingts ont été blessés. Le gouvernement a ordonné aux jardins d'enfants et aux écoles de renforcer la sécurité et de mettre en place une surveillance vidéo et des systèmes d'alarme.

«On n'a jamais vu ça ailleurs»

A Chongqing (Sud-Ouest), 45.000 policiers et gardes de sécurité ont été déployés et plus de 22.000 autres dans la province du Fujian (Sud-Est), selon l'agence Chine Nouvelle. A Pékin, 2.000 membres de la sécurité spécialement entraînés et portant des casques et des gilets pare-balles gardaient les écoles.

Largement rapportées par la presse, les attaques du printemps avaient créé une psychose dans toute la Chine. Les agressions étaient généralement menées au couteau de cuisine ou au hachoir par des individus isolés et frustrés par leurs échecs sociaux ou familiaux.

La dégradation du tissu social

Deux assaillants ont déjà été exécutés et deux autres se sont suicidés. Un autre a été condamné à la peine capitale en juin, et le dernier homme, arrêté lors de l'ultime attaque en août, attend d'être jugé.

«Ce qui est frappant, c'est que c'est toujours le même modus operandi: des attaques à l'arme blanche contre des enfants. On n'a jamais vu ça ailleurs», relève Mathieu Duchâtel, chercheur à l'Asia Center.

Deux hypothèses sont avancées pour expliquer ce phénomène: la médiatisation de la première attaque, qui aurait donné des idées aux autres, et la dégradation du tissu social.