Ils fignolent les derniers préparatifs ce mercredi, avant d’entrer dans le vif du sujet jeudi. Le président Barack Obama va consacrer l'essentiel de cette journée de mercredi à recevoir séparément les acteurs du processus de paix au Proche-Orient, avant de les réunir pour un dîner qui sera le vrai coup d'envoi des négociations. Le début formel de celles-ci est prévu jeudi, lors d’une réunion qui devrait durer environ trois heures.
Ce mercredi, Barack Obama va d’abord recevoir le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, puis successivement le président palestinien, Mahmoud Abbas, le roi Abdallah de Jordanie et le président égyptien Hosni Moubarak. George Mitchell, l'émissaire américain pour le Proche-Orient, a annoncé mardi une «présence active et soutenue» des Etats-Unis dans les négociations directes, qui sont «une grande priorité» pour la Maison Blanche.
Après vingt mois sans dialogue, 62 ans de conflit et plusieurs échecs retentissants, l'Amérique croit aujourd'hui à «une fenêtre de tir» pour une solution à deux Etats, a-t-il dit. C'est une perspective «réaliste», a-t-il soutenu, tout en convenant que «beaucoup de gens sont d'un avis contraire».
Mais une attaque, revendiquée par la branche armée du Hamas, et qui a coûté la vie à quatre colons israéliens en Cisjordanie, est venue alourdir le climat, déjà tendu. Benjamin Netanyahu a réagi très vivement dénonçant «le meurtre sauvage de quatre Israéliens innocents», et promis que l'effusion du «sang des civils israéliens ne resterait pas impunie». Alors que le dialogue avec les Palestiniens est décrié par la droite de sa coalition, Benjamin Netanyahu a aussi proclamé que «la terreur ne déterminera pas les frontières d'Israël».
Depuis Washington aussi, Mahmoud Abbas a condamné l'attaque, estimant qu'elle visait à «perturber le processus politique» des négociations directes avec Israël. La Maison Blanche et Hillary Clinton ont aussi fermement condamné l'attentat, appelant Israéliens et Palestiniens à «persévérer» pour parvenir à une paix négociée.
Les discussions entre Israéliens et Palestiniens avaient cessé fin 2008, avec l'offensive israélienne sur Gaza. Leur reprise suscite peu d'illusions, en raison avant tout du fossé entre les positions des deux parties. Les Palestiniens veulent fonder leur Etat sur l'ensemble des territoires occupés par Israël depuis 1967. Ils sont prêts à accepter des échanges, mais cela ne suffira pas à régler la question du statut de Jérusalem: Israël considère la Ville Sainte comme sa capitale indivisible, alors que les Palestiniens veulent que l'Est de la ville soit leur capitale.
Le sort des réfugiés palestiniens divise également profondément les parties, tout comme la volonté d'Israël que le futur Etat soit démilitarisé. La colonisation israélienne, partiellement gelée, est également une menace pour l'ensemble du processus. Les Palestiniens ont déjà prévenu que toute reprise des implantations (le moratoire s'achève en principe le 26 septembre) tuerait dans l'oeuf la négociation.