Flotille pour Gaza: le Mariam reste à quai

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Publié le 22 août 2010.

LIBAN - Chypre a refusé de servir d'escale...

De notre correspondant à Beyrouth

Mariam, acte II. Après un premier départ avorté fin juin alors que la Flotille vers Gaza faisait la «une» des journaux, le second départ prévu ce dimanche soir vient d’être reporté. Le bateau battant pavillon colombien et rebaptisé Mariam (Marie en arabe) restera donc à quai, sur le port de Tripoli au nord du Liban. Motif officiel: Chypre a refusé au dernier moment de servir d’escale au navire humanitaire en partance pour la bande de Gaza.

Organisatrice et véritable figure médiatique du mouvement, Samar el-Hajj s’est dit outrée par le refus des autorités chypriotes: «Pourquoi les autorités libanaises ne suivraient-elles pas l’exemple de Chypre en interdisant aux bateaux venant de ce pays d’accoster au Liban?» Financé par un homme d’affaires libanais d’origine palestinienne, le controversé Yasser Kashlak, l’appareillage du Mariam semblait pourtant imminent. El-Hajj et Kashlak ont affirmé dimanche matin avoir des contacts en Turquie et en Grèce afin de trouver au plus vite un nouveau port de départ.

«Nous sommes des dizaines de femmes de différentes nationalités à vouloir partir sur ce bateau, explique Nohra, jeune militante en faveur de la cause palestinienne. Les Israéliens font pression de toute part pour que nous ne puissions pas partir, ils nous accusent d’avoir des objectifs autres qu’humanitaires, c’est faux! Nous n’avons à bord que des médicaments et autres produits de première nécessité», s’emporte la jeune Libanaise de 21 ans, drapée dans sa keffieh (foulard noir et blanc, symbole des Palestiniens).

Soutien des autorités libanaises

Comme elle, les militantes du Mouvement pour la Palestine libre vont devoir prendre leur mal en patience, même si les autorités libanaises appuient leur action. Samedi, dès l’annonce du «probable report» du Mariam, le ministre des Transports Ghazi Aridi a assuré qu’il donnerait immédiatement aux organisateurs l’autorisation de quitter Tripoli dès que ceux-ci auraient trouvé un port susceptible d’accueillir le bateau. «Cela prendra certainement un peu de temps, peste Samar el-Hajj, mais nous ne baisserons pas les bras.»

A Beyrouth, l’initiative divise pourtant l’opinion publique. Il y a les «pour», mais aussi les «contre» qui se demandent ce que cache cette opération. «Même les Turcs et les Iraniens ont arrêté leurs manœuvres dans ce genre!, remarque Tony, un vieux partisan des Forces libanaises, parti politique et ancienne milice opposée aux Palestiniens durant la guerre civile. Toute cette histoire n’est qu’une provocation envers Israël, le Liban n’a vraiment pas besoin de ça en ce moment.»

David Hury
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