L'Iran a demandé ce mardi aux pays occidentaux de ne pas interférer dans l’affaire Sakineh Mohammadi-Ashtiani, en soulignant que l'affaire est toujours «en cours d'examen». Cette Iranienne de 43 ans a été condamnée à mort par lapidation en 2006 pour adultère et complicité dans le meurtre de son mari, et son cas suscite une intense mobilisation des pays occidentaux, qui ont réclamé qu'elle ne soit pas exécutée.
«Les procédures judiciaires sont très strictes, particulièrement concernant les affaires de meurtre», a déclaré Ramin Mehmanparast, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, lors de son briefing hebdomadaire. «Plus la sentence est lourde et plus la justice est méticuleuse dans l'examen de l'affaire, et c'est ce qui est en cours», a ajouté le porte-parole. «Aucune nation indépendante n'accepte que d'autres pays interfèrent dans ses décisions judiciaires, (...) et les pays occidentaux ne doivent pas exercer de pressions», a poursuivi le porte-parole.
Il a également estimé que la mobilisation occidentale en faveur de Sakineh Mohammadi-Ashtiani résultait d'une «approche politisée», liée au conflit entre l'Iran et la communauté internationale à propos du programme nucléaire iranien. Ramin Mehmanparast a à nouveau rejeté toute idée de libérer la condamnée, comme l'a notamment suggéré le président brésilien Lula qui a proposé d'accueillir Sakineh Mohammadi-Ashtiani au Brésil si Téhéran faisait un geste de clémence.
«Si nous libérons les personnes condamnées pour meurtre, il n'y aura plus de sécurité», a-t-il affirmé. Quand le Brésil aura pris connaissance du dossier, «il comprendra que tout ce tumulte a été créé pour porter atteinte aux relations irano-brésiliennes», a ajouté le porte-parole, une position réaffirmée par Mahmoud Ahmadinejad en personne, lundi. «Il n'y a aucun besoin de créer un problème au président Lula», a-t-il affirmé, ajoutant que l'Iran «préfère exporter sa technologie au Brésil que de telles personnes».