C'est la deuxième fois de son règne qu'Elisabeth II, la reine d'Angleterre, s'exprime devant l'Assemblée générale des Nations unies à New York. Un moment clé certes, mais dont Marc Roche, correspondant du quotidien Le Monde à Londres et auteur d'Elisabeth II: la dernière reine (éd. La Table Ronde), nuance l'importance. «Elle n'interviendra en rien sur son discours, qui sera intégralement rédigé par le Foreign Office [ministère des Affaires étrangères britannique].»
Au sein de cette monarchie constitutionnelle harmonieuse qu'est le Royaume-Uni, la reine a désormais un impact politique très limité… pour un coût tout de même relativement élevé. Un calcul qui pourrait sembler de plus en plus pesant aux contribuables britanniques alors que le gouvernement vient d'annoncer une cure d'austérité drastique pour les cinq ans qui viennent.
Au cours de l'exercice 2008-2009 en effet, les citoyens britanniques ont participé à hauteur de 38,2 millions de livres (46,1 millions d'euros) aux dépenses de la famille royale. Consciente du «climat économique difficile» que traverse le pays, la couronne s'est mise au régime. Finie la cohorte d'employés royaux, qui seraient au nombre de 800, ou encore les déplacements à l'étranger aux coûts faramineux (plus de 8 millions d'euros en 2007). «Cela fait longtemps que la couronne est très sourcilleuse sur ses dépenses, atteste Marc Roche. Mais il est certain qu'après Elisabeth II, on s'orientera vers une monarchie plus réduite. C'est une reine d'un autre âge.»