Barack Obama pendant son discours en direct de la Maison Blanche, le 15 juin 2010.
Barack Obama pendant son discours en direct de la Maison Blanche, le 15 juin 2010. - REUTERS/Kevin Lamarque

La marée noire en Louisiane sera-t-elle le Katrina de Barack Obama? Il est un peu tôt pour le dire mais en tout cas, le président américain ne convainc pas grand monde dans sa gestion d’une catastrophe écologique en cours depuis presque deux mois. Et son discours solennel en direct du bureau oval mardi soir n'a pas fait mieux.  Ironiquement, le New York Times titrait mercredi: «Au 56e jour, l'appel à prendre les armes.» Et de développer: «56 jours, des millions de litres de pétrole et des heures à spéculer sur les plateaux de télévisions plus tard, Obama s'est finalement adressé à la nation mardi depuis le Bureau ovale pour déclarer la guerre» à la marée noire, écrit le quotidien de référence.

Le site Internet Politico se moque également du patron de la Maison blanche: «Le président Barack Obama a déclaré la guerre à la marée noire qui se répand dans le golfe du Mexique mardi. Dommage que ses troupes attendent encore un plan de bataille clair.» En clair, le discours de mardi n’a pas rencontré l’écho qu’il aurait dû. En faisant appel à un champ lexical guerrier – «plan de bataille» pour combattre une marée noire qui «agresse nos côtes et nos citoyens» - Barack Obama voulait montrer qu’il y avait un capitaine à la barre, et combattre l’image d’impuissance qui lui colle aux chaussures alors que le pétrole continue de s’écouler.


«Termes déconnectés»


«Le fait qu’Obama ait choisi de faire son discours depuis le Bureau ovale souligne l'ampleur du désastre tant d'un point de vue écologique qu'économique dans la région du golfe», note de son côté le Washington Post. La Maison Blanche «ne veut pas d'une répétition des derniers mois de la présidence de Carter, quand ce dernier était considéré comme prisonnier des crises économiques et internationales qui tourbillonnaient autour de lui», ajoute le quotidien économique.

Mais c’est pour mieux insister sur le fait que finalement, il «n'a parlé qu'en général, usant de termes déconnectés de la réalité pour appeler le Congrès à voter une réforme de l'énergie cette année».  Il «a consacré le dernier quart de son discours à l'adoption d'une loi sur l'énergie (...) mais il n'a pas exposé les contours spécifiques d'un nouveau texte de compromis et les moyens de le faire voter», renchérit USA Today.

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