Un an. Ce samedi, l'Iran voit le premier anniversaire de la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad. Le 12 juin 2009, la réélection du président iranien faisait naître un vaste mouvement de protestation, le plus grand depuis la révolution islamique de 1979, qui avait été sévèrement réprimé.
Les leaders de l'opposition, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi ont finalement appelé leurs partisans à ne pas manifester, de peur d'une nouvelle vague de répression. En effet, ils avaient demandé l'autorisation d'organiser des rassemblements pacifiques et silencieux, mais les autorités n'ont pas donné suite à cette demande.
«Au vu de la répression qui a frappé l'année passée des gens dont le seul crime était de réclamer leur vote de manière pacifique, et compte tenu des informations sur la mobilisation des extrémistes et des forces répressives, (...) nous demandons à la population de poursuivre ses revendications par d'autres méthodes moins coûteuses et plus efficaces», a expliqué dans un communiqué jeudi.
L'opposition iranienne a tout de même renouvelé son appel à plus de liberté et de démocratie en Iran. Le régime «devrait aller vers une presse libre, des élections libres et le respect des droits du peuple, mais c'est le contraire qui se passe», a déploré l'ancien président du Parlement Mehdi Karoubi.
Le régime «fait taire le peuple, ferme les medias, organise des élections comme celle que nous avons vue l'an passé, et remplit les prisons», a renchéri l'ancien Premier ministre Mir Hossein Moussavi, lors d'un point de presse commun diffusé vendredi soir par plusieurs sites d'opposition.
«La libération sans conditions des prisonniers politiques, la liberté de la presse, des élections libres sont les revendications minimales» du «mouvement vert» (rassemblant l'opposition réformatrice), a rappelé Zahra Rahnavard, épouse de Mir Hossein Moussavi, sur le site internet de l'ancien Premier ministre.
Aucun signe de tension particulier n'était perceptible samedi dans le centre de Téhéran, où les forces de l'ordre étaient visibles sur certaines places et avenues mais n'avaient pas été massivement déployées comme en d'autres occasions.