Depuis juin 2007, et la prise de contrôle de la bande de Gaza par le Hamas, Israël a imposé un blocus à cette petite bande de terre, de 41 km de long, coincée entre l’Egypte et l’Etat hébreux. 1,5 million de personnes y habitent. Du côté de l’ONU, la résolution 1860, adoptée par le Conseil de sécurité en janvier 2009 appelait à la levée du blocus. Le point sur les conséquences pour la population.
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Que bloque l’embargo?
Il est à la fois aérien, maritime et terrestre. Concrètement, les contrôles sont très stricts sur ce qui peut entrer et ce qui peut sortir de la bande de Gaza. «C’est à la fois une prison et un mouroir», estime Jean-Claude Lefort, président de l’Association France Palestine Solidarité. «Les Gazaouis ne peuvent pas sortir et ils sont privés de la quasi-totalité des matériaux de base nécessaires», explique-t-il.
Quels secteurs sont particulièrement touchés?
Depuis la dernière opération israélienne, fin 2008 début 2009, de nombreux bâtiments ont été détruits. «Ca aurait pu être reconstruit, mais à cause de l’embargo, il n’y a pas de matériaux», déplore Jean-Luc Lambert, chef de mission MSF France pour les territoires palestiniens.
Outre les matériaux, le secteur de la santé est victime de l’embargo. «Le niveau général du système de santé diminue», explique l’humanitaire. «Les médecins palestiniens ne peuvent pas sortir pour obtenir des formations, les pièces détachées des appareils ne sont pas disponibles et surtout, les patients ne peuvent pas sortir pour obtenir des soins», énumère Jean-Luc Lambert. Pas possible, donc, d’être opéré ailleurs, même quand les moyens ne suffisent pas dans la bande de Gaza.
Et pour la nourriture, l’eau, l’électricité?«Pour les besoins quotidiens, les gens arrivent à se débrouiller, avec le système D», détaille Jean-Luc Lambert. Concrètement, des tunnels reliant la bande de Gaza à l’Egypte permettent d’acheminer des biens, revendus ensuite au marché noir. «Il y a des pêcheurs et des agriculteurs qui peuvent assurer une partie de la production locale», complète Jean-Claude Lefort.
Mais pour les pêcheurs, tout comme pour l’accès à l’eau potable, la situation environnementale est préoccupante. «Des centres de retraitement des eaux ont été détruits, et les eaux usées se déversent dans la Méditerranée», explique Jean-Claude Lefort. Selon MSF, 80 millions de litres d’eaux non ou mal traitées rejoignent la mer chaque jour.
Enfin, pour l’électricité, il n’est pas rare d’avoir 8 à 9 heures de coupure d’électricité par jour. «L’électricité est rationnée, elle vient en partie d’Israël», explique Taoufiq Tahani, membre du bureau national de l’Association France Palestine Solidarité. A tel point que MSF a dû acheminer 17.000 litres de fioul à l’hôpital de Nasser, qui ne pouvait plus faire tourner ses générateurs et était obligé de fermer des lits.
Comment l’aide humanitaire atteint-elle la bande de Gaza?
Avec beaucoup de contrôles... MSF dispose de six expatriés sur place et travaille avec 120 Gazaouis. «Un de nos responsables est un Palestinien, avec des papiers lui donnant le droit de travailler à Jérusalem», explique Jean-Luc Lambert. «En revanche, il ne peut pas entrer dans la bande de Gaza et ne peut donc pas apporter son expérience». Sinon, les médicaments peuvent être acheminés. Les problèmes concernent les produits considérés comme étant à double usage.
Une situation rencontrée à plusieurs reprises par les ONG: «MSF propose un programme de réhabilitation fonctionnelle, avec des séances de kinésithérapie pour les victimes des conflits. On aide les patients à remarcher», relate Jean-Luc Lambert. «Mais pour plus d’une cinquantaine d’entre eux, on est bloqués: on ne peut pas leur donner de prothèses car les matériaux et les composants ne rentrent pas.»
Ce mardi, l’Egypte, à la demande de son président Hosni Moubarak, a ouvert le terminal de Rafah, seul point de passage non contrôlé par Israël. Cela permettra aux aides humanitaires et médicales d’atteindre la bande de Gaza plus facilement, ainsi qu’à des malades ou des blessés de rejoindre l’Egypte ou d’autres pays.
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