Royaume-Uni: un gouvernement mais des concessions

TRACTATIONS Nick Clegg est nommé Vice-Premier ministre…

M.P. avec agence

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Le leader des « Lib Dems », Nick Clegg (à g.), et celui des conservateurs, David Cameron.

Le leader des « Lib Dems », Nick Clegg (à g.), et celui des conservateurs, David Cameron. — T. ROOKE / REX FEATURES / SIPA

Au lendemain de sa nomination comme Premier ministre, David Cameron installe son gouvernement. Première annonce, le chef des Libs Dems, Nick Clegg, a été nommé Vice-Premier ministre. Les libéraux-démocrates auront cinq portefeuilles ministériels et une vingtaine d’autres postes clés en échange de leur soutien qui permet de former le premier gouvernement de coalition depuis la Seconde Guerre mondiale. Certains ministères clés ont déjà été pourvus: le jeune conservateur de 38 ans, George Osborne, a ainsi été nommé ministre des Finances et William Hague, un Tories réputé très eurosceptique a hérité du Foreign Office.

David Cameron et Nick Clegg ont du pain sur la planche car d’importantes concessions ont été faites des deux côtés pour parvenir à cette coalition. Lors d'une conférence de presse commune à Downing Street, les deux hommes se sont employés à faire taire les sceptiques. «Nous avons une grande détermination à travailler ensemble, pour que cette coalition fonctionne», a assuré le nouveau Premier ministre. «C’est une nouvelle façon de faire de la politique, où l’intérêt partisan est mis de côté», a-t-il ajouté, vantant «le compromis, plutôt que l’affrontement». Cette alliance, présentée par certains analystes comme contre-nature est, pour David Cameron, « peut-être le changement historique» qu'attend la Grande-Bretagne. Nick Clegg, a ses côtés, a certes reconnu qu’il «y aura des égratignures et des secousses en route» mais que l’accord était fait pour durer cinq ans. Car il y a «un objectif commun», redonner de la stabilité au système économique et de la confiance à la société britannique.    

Les concessions des Libs Dems
Force indispensable pour former le gouvernement, mais d’appoint, les Libéraux-Démocrates ont du lâcher du lest sur plusieurs points. Très europhiles, ils ont notamment cédé sur leur ambition d’adopter l’euro lors de la nouvelle législature. Selon la BBC, ils se sont aussi alignés sur la position des Tories, de ne céder aucun nouveau pouvoir à l’Union européenne sans un référendum. La troisième force politique du pays a également accepté de renoncer à l'amnistie des clandestins qu'ils proposaient et de soutenir l'intention des Conservateurs d'imposer un quota d'immigrants. Les Lib Dems, d’après la BBC, ont également accepté de revenir sur leur refus de renouveler le programme de missile de défense nucléaire Trident, qu'ils estimaient durant la campagne trop coûteux et inutile. La hausse de l'abattement pour les classes moyennes les moins fortunées, voulue par les libéraux, aurait ainsi été acceptée par les Tories, selon la presse.

Les concessions des Tories
En contrepartie, le troisième partie de la vie politique britannique a obtenu des Conservateurs une réforme du mode de scrutin intégrant de la proportionnelle. Les Tories ont finalement accepté d’organiser un référendum sur le sujet. La durée de la législature a par ailleurs été fixée à cinq ans, mettant un terme à l'ancien système qui permettait au Premier ministre de convoquer des législatives à peu près quand il l'entendait. Le plan de réduction des déficits budgétaires, principale promesse des Tories, est soutenu par les Libs Dems.

Ce type d’alliance inclut évidemment une solidarité gouvernementale. Mais les Libéraux Démocrates ont obtenu d’en être exonéré pour certains sujets prédéfinis comme le nucléaire, les frais universitaire ou la reconnaissance du mariage dans la fiscalité britannique. Les députés Libéraux Démocrates pourront s’abstenir de voter à la Chambre des Communes.

L'accord de coalition publié mercredi montre que les deux partis se sont mis d'accord sur une taxe sur les banques et pour lancer une réflexion sur la séparation des banques de détail et des banques d'investissement.


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