Elections en Grande-Bretagne: Les Lib Dems réfléchissent à l'offre des conservateurs

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Publié le 8 mai 2010.

LEGISLATIVES - Les tractations au sein du parti progressiste devraient durer tout le week-end...

Que vont-ils faire? Voilà la question à laquelle tout le royaume est suspendu ce week-end. Les Lib Dems se sont réunis ce samedi pour analyser l'offre de partage du pouvoir présentée par les conservateurs afin de dénouer la crise institutionnelle provoquée par les législatives britanniques de jeudi, qui ont abouti à un Parlement à dominante Tory mais sans majorité absolue.

A l'issue de cette journée de tractation, le parti de Nick Clegg n'a rien laissé filtrer. Le chef des libéraux-démocrates a d'abord rencontré les députés puis l'exécutif fédéral de son parti. L'offre des conservateurs doit réunir l'approbation des trois quarts de chacun des deux corps, une proportion qui pourrait être difficile à réunir, selon plusieurs spécialistes.

>> Les différents scénarios envisageables, c'est par ici

A sa sortie de la réunion avec l'exécutif fédéral, Nick Clegg l'a qualifiée de «très bonne», avant de s'éclipser. Sa décision de négocier en priorité avec les Tories a été «complètement approuvée» par le parti, a affirmé son chef de cabinet Danny Alexander.

Un éventuel accord formel ne devrait cependant pas intervenir «avant lundi», a prévenu une source au sein des Tories. Ce jour-là, le chef des conservateurs David Cameron rencontrera à 17h GMT (18h heure française) l'ensemble des élus du parti. D'ici là, les négociateurs libéraux-démocrates et conservateurs se rencontreront dimanche à 10h GMT (11h heure française).

Faiseurs de roi

Le chef des conservateurs, David Cameron, a proposé vendredi aux Lib Dems «une offre large, ouverte et globale» en vue de la formation d'un «gouvernement solide».

Les conservateurs ont été contraints de faire cette offre après n'avoir pas réussi à dégager une majorité absolue, à l'issue des législatives de jeudi. Ils ont remporté 306 députés, devant les 258 du parti travailliste du Premier ministre Gordon Brown, mais à 20 sièges de la majorité absolue. Les Lib Dems sont arrivés en troisième position avec 57 sièges, ce qui les a transformés en «faiseurs de roi».

Les négociations ont été lancées dans les heures ayant suivi la présentation de l'offre par David Cameron. Ce dernier s'est entretenu vendredi soir au téléphone avec Nick Clegg, puis une réunion a suivi entre de hauts responsables des deux formations.

Une alliance contre-nature

David Cameron avait souligné vendredi l'urgence des discussions, prédisant une «catastrophe économique» si des mesures n'étaient pas mises en place rapidement pour réduire un déficit budgétaire astronomique (près de 12% du PIB).

«Nous ne pouvons pas nous permettre un autre jour comme celui que nous avons connu vendredi sur les marchés», a souligné Liam Fox, porte-parole conservateur pour la défense.

«Nous allons agir dans l'urgence mais nous n'allons pas non plus trahir nos principes», a cependant averti le libéral Simon Hughes, reconnaissant que les Tories n'étaient pas les alliés naturels des Lib Dems: «Nous sommes un parti progressiste de centre-gauche», a-t-il rappelé.

Un millier de personnes défilent pour soutenir les Lib Dems

Nick Clegg a répété ce samedi matin les «quatre grandes priorités» de son parti: réforme du système fiscal, de l'éducation, de l'économie et du système politique.

Symbolisant la pression qui pèse sur ses épaules, un millier de personnes ont manifesté devant l'édifice londonien où se réunissaient les députés Lib Dems ce samedi midi. Scandant «scrutin équitable maintenant», les manifestants exigeaient des Lib Dems qu'ils ne cèdent pas sur la réforme du mode de scrutin, jugé très défavorable aux petits partis. Les conservateurs ont accepté de lancer la réflexion, mais sans plus.

«C'est dans l'intérêt de chacun en Grande-Bretagne de profiter de cette opportunité pour faire naître une nouvelle politique», a lancé Nick Clegg, s'adressant brièvement à la foule.

Les travaillistes en embuscade

Restant en embuscade, Gordon Brown, qui a le droit de se maintenir au pouvoir tant qu'il n'est pas certain qu'il n'est plus en position de gouverner, s'est dit disposé vendredi à discuter avec les Lib Dems si les pourparlers capotaient avec les conservateurs.

L'offre des travaillistes pourrait être plus alléchante pour les Lib Dems, Gordon Brown leur ayant promis un référendum sur la réforme du système électoral qu'ils exigent. Les Tories ont quant à eux seulement accepté de lancer la réflexion sur le sujet.

Un accord peut attendre jusqu'au 25 mai: c'est à cette date limite que la reine doit présenter le programme du nouveau gouvernement et qu'un vote de confiance a traditionnellement lieu.

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