Le dossier de Florence Cassez «strictement basé sur le droit»

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Publié le 21 avril 2010.

MEXIQUE - C'est ce qu’affirme le parquet mexicain...

«Un cas jugé» pour le parquet. Le dossier de Florence Cassez, la Française emprisonnée au Mexique pour enlèvements alors qu'elle a toujours clamé son innocence, a été «strictement basé sur le droit» depuis l'origine, a-t-on affirmé mardi au Parquet général mexicain.

«Il s'agit d'un cas jugé», avec une condamnation en première instance puis en appel, où la peine initiale de 96 ans de prison a été ramenée à 60 ans, a déclaré à l'AFP Ricardo Najera, directeur général de la communication du Parquet général, équivalent mexicain du ministère de la Justice, dans une interview exclusive.

La défense de Florence Cassez souligne que l'appel triple en fait la durée de la peine, car celle de 60 ans est cumulative, tandis que les 96 ans représentaient une succession de peines non cumulatives.

«Avocat privé tout au long de la procédure»

«Florence a bénéficié des services d'un avocat privé tout au long de la procédure, et a toujours été assistée par des agents consulaires ou de son ambassade», a remarqué Ricardo Najera.

La mise en scène reconnue mensongère par la PGR et la police, le 9 décembre 2005, de l'arrestation effectuée «auparavant», ne constitue pas une irrégularité de procédure, contrairement à ce que font valoir les avocats de la défense, selon lui.

Florence Cassez affirme avoir été arrêtée le 8 décembre, et tenue au secret jusqu'à la mise en scène télévisée du lendemain.

Mise en scène de l’arrestation

La PGR et la police de l'Agence fédérale d'investigation (AFI) ont reconnu avoir organisé la mise en scène d'une arrestation prétendument en direct en ne disant pas «la vérité» aux journalistes appelés pour rendre compte de l'intervention.

Les enquêteurs qui ont arrêté Florence Cassez n'ont pas contrevenu à la loi qui impose de déférer «sans délai» un suspect appréhendé en flagrant délit, a-t-il affirmé. «Sans délai ne signifie pas immédiatement, car il faut le temps matériel d'ouvrir le dossier et rédiger plusieurs rapports», a-t-il expliqué.

«Il est normal que l'accusation et la défense aient des versions différentes et des arguments opposés», a poursuivi Ricardo Najera.

Pourvoi en cassation?

La défense de la Française garde une possibilité de recours, «l'amparo», équivalent ici du pourvoi en cassation, a-t-il souligné, rappelant que le Mexique avait repoussé «pour le moment» l'hypothèse d'un transfèrement en France, demandé par Paris.

Le Parquet général mexicain a «la conviction absolue» de la culpabilité de Florence Cassez, a-t-il encore déclaré, soulignant que l'enquête et des témoignages établissent «sa participation avec d'autres à une bande de malfaiteurs, les Zodiacos (Zodiaques), dont son compagnon de l'époque, Israel Vallarta, arrêté avec elle».

Les variations invoquées par la défense dans les témoignages des victimes présumées des enlèvements n'étaient pas «des variations», car Florence Cassez a été «formellement reconnue», a-t-il encore tranché.

Il a également écarté comme accessoires plusieurs erreurs dans le dossier de l'accusation, selon lequel, par exemple, Florence Cassez faisait déjà partie de la bande des Zodiaques en 2002, alors qu'elle n'est entrée pour la première fois au Mexique qu'en 2003.

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