Lueur d’espoir pour la jeune Française? La police mexicaine a menti en faisant croire à la presse que l'arrestation de Florence Cassez, la Française qui purge depuis une peine de 60 de prison à Mexico pour enlèvements et qui clame son innocence, s'était déroulée «en direct» le 9 décembre 2005, a reconnu la justice mexicaine dans un document parvenu lundi à l'AFP. Contactée par 20minutes, l’ambassade du Mexique en France se refuse à tout commentaire. « S’il y a une annonce, elles viendra directement du Mexique ». Selon nos informations, le ministère de la Justice mexicain est justement en train d’analyser la situation au vue de cette dernière information.
Les journalistes, de télévision entre autres, ont cru couvrir en direct l'intervention des policiers qui arrêtaient Florence Cassez et son ex-compagnon Israël Vallarta au petit matin du 9 décembre, mais la véritable arrestation avait eu lieu auparavant, a reconnu le Parquet général de la République (PGR), l'équivalent au Mexique du ministère de la Justice.
«Il y a là matière à révision du procès, car ce document aurait dû figurer dans le dossier lors de la procédure d'appel», a réagi l'avocat mexicain de Florence Cassez, Me Augustin Acosta. La jeune femme a été condamnée à 60 ans de prison en appel en mars 2009, après une peine de 96 ans en première instance.
La réaction de l'accusée, depuis chez son avocat, oscille entre lassitude et enthousiasme. «Je ne dirai pas que ça me soulage, confie Florence Cassez. Cela fait longtemps que je dénonce, ça. C’est très bien que ça arrive». Elle modère cependant sa joie en pointant le temps que les choses ont pris. «J’espère que ça va aider à faire comprendre qu’il y a un truc infernal autour de moi et qu’il n’y en a qu’une qui dit la vérité: c’est moi», reprend-t-elle.
Le patron des policiers de l'Agence fédérale d'investigation (AFI), Genaro Garcia Luna, devenu depuis ministre de la Sécurité publique, avait reconnu une «reconstitution», mais affirmé qu'elle avait été organisée à la demande des médias. L'AFI a été dissoute en 2009, et ses activités confiées au ministère de Genaro Garcia Luna.
La PGR, contactée lundi par l'AFP, n'avait fait aucun commentaire en fin de journée.
Florence Cassez, 35 ans, a toujours affirmé avoir été arrêtée dans la matinée du 8 décembre et tenue au secret jusqu'à l'aube du lendemain, pour la fausse arrestation en direct assortie de libération de victimes d'enlèvement.
La loi mexicaine stipule qu'un suspect arrêté en flagrant délit doit être présenté à un juge «sans délai».
Florence Cassez avait crié au mensonge à la télévision le 5 février 2006, en interpellant Genaro Garcia Luna dans une émission, cette fois en direct. Il avait reconnu une «reconstitution», mais en expliquant qu'elle avait été organisée «à la demande des journalistes».
Niant cette version, un reporter de télévision, Pablo Reinah, avait engagé ensuite une procédure, s'estimant atteint dans son honneur professionnel et dans ses intérêts car il avait été licencié par son employeur.
La PGR, dans une «proposition de conciliation» officielle en date du 2 mars 2007 dont l'AFP a obtenu une copie, a concédé «au reporter Pablo Reinah» que «dans l'information qui lui a été fournie sur l'intervention menée par des éléments de l'Agence fédérale d'investigation, il n'a pas été précisé que l'arrestation des personnes avait été effectuée avant son arrivée».
«Il n'a pas reçu une information complète, objective et vraie», souligne le texte.
«Comme (...) la dizaine de reporters de radio et de presse écrite qui se sont rendus sur place, j'ai été trompé par l'AFI sur les conditions dans lesquelles l'intervention a été conduite», a insisté Pablo Reinah dans le dernier numéro d'un mensuel mexicain renommé, Gatopardo.