Silvio Berlusconi sort renforcé du scrutin mais devra composer avec son allié régionaliste et xénophobe

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Publié le 30 mars 2010.

ITALIE - Paradoxalement, le parti du président du Conseil a perdu des voix par rapport aux dernières législatives...

On le croyait en difficulté, mais le Cavaliere est finalement remonté en selle. A l’issue du scrutin de dimanche et lundi, la coalition de droite de Silvio Berlusconi a enlevé à la gauche quatre régions, obtenant un total de six régions contre sept à la gauche, un résultat au-delà de ses espérances.

Victoire au combien symbolique, celle de la région de Rome, le Latium, contrôlée depuis des années par la gauche et arrachée par la syndicaliste de droite Renata Polverini à l'ex-commissaire européenne radicale Emma Bonino. Dans cette bataille, le soutien de Berlusconi à sa candidate aura été décisif, ce qui conforte le président du Conseil qui voit dans ces élections un véritable plébiscite à mi-mandat.

«Ce vote récompense le gouvernement»

«Ce vote récompense le gouvernement» lui donnant la «possibilité de réaliser, dans cette deuxième partie de la législature, les réformes nécessaires pour la modernisation et le développement de notre pays», a déclaré Berlusconi à l’issue des résultats. Avec des scores mitigés -26,7% contre 33,3% aux dernières législatives- et une victoire favorisée par une abstention record et la démobilisation de la gauche, le parti de Berlusconi devra cependant ménager son allié, la Ligue du Nord, pour mener à bien ces réformes.

Car le parti régionaliste et xénophobe a permis une autre victoire symbolique, le Piémont, remporté au nez et la barbe de la présidente sortante de gauche Mercedes Bresso par le candidat léguiste Roberto Cota. Dans cette région de Turin comme en Vénétie (nord-est) où a triomphé l'actuel ministre de l'Agriculture, Luca Zaïa, la Ligue a été une locomotive pour la coalition.

Après les bons résultats de la Ligue du Nord, «l'addition sera de plus en plus salée»

«Le résultat est impressionnant, la Ligue gagne dans la partie la plus riche de l'Italie. C'est la grande leçon de ces régionales», a souligné pour l'AFP Marc Lazar, politologue français spécialiste de la péninsule. A l'échelle nationale, ce parti au discours anti-immigrés et autonomiste ancré presque exclusivement au Nord, a attiré 12,7% des suffrages, plus du double qu'en 2005 (5,7%) et mieux qu'aux législatives de 2008 (9,5%).

Silvio Berlusconi «paye déjà cher son alliance de gouvernement avec la Ligue (qui lui a assuré la victoire en 2008, ndlr), mais l'addition sera de plus en plus salée», a estimé Marc Lazar. Le chef de la Ligue Umberto Bossi a donné un avant-goût de ses exigences en se proposant pour reprendre la mairie de Milan, «proposition» sèchement recadrée mardi par la coalition.

Mieux, «Bossi peut exiger des réformes comme le fédéralisme fiscal ou un Etat (central) plus léger», a estimé dans le Sole-24 Ore, l'éditorialiste Stefano Folli. Au risque de provoquer de sérieux remous dans la majorité et des résistances de la part d'un autre important allié de Berlusconi, le président de la Chambre des députés, le patron d'Alliance nationale (ex-extrême droite) Gianfranco Fini.

M.N.
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