Régionales en Italie: test électoral en vue pour Silvio Berlusconi

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Publié le 26 mars 2010.

ITALIE - C'est la dernière échéance électorale avant les législatives de 2013...

Des élections sous haute tension pour le Cavaliere. Silvio Berlusconi redoute une forte abstention lors des régionales de dimanche et lundi, susceptible de pénaliser son parti alors que les cafouillages et les polémiques ont émaillé la campagne.

>>Il n'y a pas que les élections dans la vie de Berlusconi, il y a les femmes aussi. Retrouvez notre diaporama en cliquant ici

Dernier scrutin avant les législatives de 2013, les élections régionales, qui se tiennent dans seulement 13 des 20 régions italiennes, ont pris valeur de test national pour le gouvernement Berlusconi, au pouvoir depuis deux ans. Ainsi, le chef du gouvernement, encore aux prises avec la justice de son pays, «a transformé ce vote en plébiscite» en s'impliquant à la première personne, note le politologue français Marc Lazar, spécialiste de l'Italie.

Avec une popularité en recul (44%), le magnat des médias s'est dépensé sans compter: meetings dans tout le pays et interviews à tout va. Une présence qui a d’ailleurs fait dangereusement pencher la balance en faveur de son parti, le Peuple des Libertés (PDL), dans les décomptes du temps de parole à la télévision, obligeant le CSA italien à sanctionner une chaîne publique et une chaîne privée -toutes deux sous le contrôle de Berlusconi- en les obligeant à payer des amendes de 100.000 euros.

Pots-de-vin et dépôts de listes compliqués

Un petit caillou dans la chaussure d’un président du conseil qui tente désespérément de rattraper des électeurs, en particulier ceux de sa formation, tentés par l’abstention après plusieurs affaires. En février, le PDL a été discrédité par l'arrestation d'élus surpris en train de toucher des pots-de-vins. Puis début mars, les dépôts de listes du PDL en Lombardie et dans le Latium ont fait l'objet de cafouillages (signatures non authentifiées, remise hors délai). Que Silvio Berlusconi n’a pas tardé à attribuer à l’opposition.

Dernier problème en date pour Silvio Berlusconi, une enquête ouverte à Trani sur des pressions présumées qu'il aurait exercées -avec succès- sur un membre de l'autorité des communications et le directeur du journal télévisé de Rai Uno pour stopper l'émission politique AnnoZero, qu'il jugeait trop insolente à son égard. Par défiance, les organisateurs d’AnnoZero ont d’ailleurs organisé jeudi une émission exceptionnelle diffusée sur Internet et des télévisions locales qui a recueilli une audience record.

«Il suffira à Berlusconi de deux régions de plus qu'avant pour parler de triomphe»

En tout cas, si la majorité espère une inversion de tendance, Silvio Berlusconi a d'ores et déjà revu à la baisse ses ambitions, ne misant désormais que sur 4 victoires (la Lombardie et la Vénétie, deux fiefs de la droite, auxquelles viendraient s'ajouter la Campanie et la Calabre, actuellement à gauche) contre 6 au début de la campagne.

«Il suffira à Berlusconi de deux régions de plus qu'avant pour parler de triomphe», estime Marc Lazar, en rappelant qu'en 2005 Berlusconi et sa coalition n'avaient obtenu que deux régions.

Mais les regards seront surtout braqués lundi sur le Piémont, où le candidat de la droite, Roberto Cota, un quadragénaire de la Ligue du Nord, est au coude à coude avec sa rivale de gauche Mercedes Bresso -que Berlusconi a d’ailleurs gratifiée d’une remarque sexiste. Une victoire qui pourrait offrir un nouveau souffle à l’encombrant allié de la coalition de Berlusconi, la Ligue du Nord, parti régionaliste et xénophobe.  


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