Le Premier ministre israélien tient tête. Confronté à la pire crise de confiance avec Washington depuis des décennies, Benjamin Netanyahu n'a pas hésité, lundi, à affirmer qu'Israël «continuera à construire» dans Jérusalem-Est. Pourtant, la semaine dernière, l'annonce par l'Etat hébreu d'un vaste projet de colonisation dans ce quartier en pleine visite du vice-président américain, Joe Biden, a déclenché une sérieuse tourmente diplomatique entre les deux alliés. Plusieurs responsables américains ont eu des mots très durs à l'égard du gouvernement israélien.
Pour Bertrand Badie, auteur de L'Impuissance de la puissance (éd. Fayard), cet épisode montre que «la stratégie israélienne du rapport de force est une constante. Et cela ne changera pas car Israël considère qu'aucune négociation ne lui sera jamais aussi favorable».
De fait, depuis la semaine dernière, les Palestiniens ont prévenu que des pourparlers ne pouvaient avoir lieu dans ces conditions. Un gel du dialogue qui ne peut satisfaire les Etats-Unis. Mais Washington peut-il bouleverser la politique qui est la sienne au Moyen-Orient depuis 1967 et qui consiste à ne pas pousser Israël dans ses retranchements? «Il y a fort à parier que, côté américain, les lignes ne bougeront pas, considère Bertrand Badie. La conviction est depuis longtemps ancrée chez les dirigeants israéliens.»