Faire entendre sa voix. Quoi qu'il en coûte. Hier, quelque 19 millions d'électeurs irakiens étaient appelés à désigner leurs 325 députés. Un mandat de quatre ans crucial pour le pays. Mais hier, dès l'ouverture des bureaux de vote, les tirs d'obus de mortier ont secoué Bagdad, pourtant quadrillée par des policiers et des militaires déterminés à faire échec aux menaces d'Al-Qaida. Au moins soixante-dix projectiles sont tombés, principalement sur les quartiers sunnites, faisant 38 morts.
De longues files d'électeurs étaient néanmoins visibles dans tout le pays, y compris dans une région comme Al-Anbar, dans l'Ouest, qui avait boycotté le scrutin en 2005. « Cette journée a montré l'échec du terrorisme et la victoire de la volonté du peuple », a déclaré le Premier ministre Nouri al-Maliki. Le représentant spécial de l'ONU en Irak, Ad Melkert, a lui qualifié le scrutin de « plutôt transparent ». Douze coalitions et 74 partis sont en lice, mais deux listes sont données favorites : l'une ayant une forte connotation religieuse chiite, « l'Alliance pour l'Etat de droit », du Premier ministre, et l'autre, chiite également mais laïque, le Bloc irakien, dirigé par l'ex-chef du gouvernement Iyad Allawi. A l'issue du scrutin, les sunnites, qui avaient boycotté les dernières élections, devraient peser sur l'échiquier politique. Le poste de président de l'Assemblée nationale devrait leur revenir. Mais selon les experts, les négociations pour former un gouvernement risquent de prendre du temps, ce qui pourrait engendrer de sérieux troubles. Al-Qaida est toujours présent en Irak. Ce sont des groupes proches de cette organisation qui ont revendiqué les attentats-suicides de la semaine dernière, qui ont fait plus de 50 morts à Baqouba et Bagdad. W