Karl Rove, l’artisan de la victoire de Bush.

Publié le 21 mars 2007.

PORTRAIT - Qui est véritablement la tête pensante derrière George Bush?

« Sans lui, George W. Bush n’aurait jamais été président. » Les biographes de Karl Rove, James Moore et Wayne Slater ne sont pas les seuls à l’affirmer. Ce quinquagénaire au visage poupin, qu’ils appellent « le cerveau de Bush », est bien plus que son principal conseiller. Il est celui qui a fait d’un gosse de riche, oisif et alcoolique, le personnage le plus puissant de la planète. Les deux hommes se connaissent depuis 1973. Bush n’a alors aucun intérêt pour la politique ; Rove en est déjà un professionnel. Il a laissé tomber ses études pour le militantisme et séduit George Bush père, qui est alors patron du Parti républicain. Il ne sortira plus de l’orbite familiale. En attendant que la grâce tombe sur le futur président américain et qu’il oublie sa vie dissolue, Rove se fait les dents comme organisateur d’une multitude de campagnes locales. Il y récolte une réputation de gagnant. Mais aussi de spécialiste des coups tordus. De faux tracts en faux micros, les anecdotes abondent, et pas seulement chez ses adversaires. En 2000, lors de la primaire républicaine contre le sénateur John McCain, celui-ci dut affronter une avalanche de ragots. On racontait entre autres que cet ancien combattant, torturé au Vietnam, était depuis inapte à gouverner. A McCain qui s’indignait, Bush aurait répondu : « John, c’est de la politique. » Le président américain a donné un surnom très affectueux à son mentor : « Turd Blossom ». C’est le nom d’une fleur qui, au Texas, pousse dans les bouses de vache... Lors de la campagne de Kerry, il n’a pas fallu longtemps pour mettre au jour ses liens avec les vétérans du Vietnam prétendument indépendants qui ont très violemment attaqué le candidat démocrate. Mais pour ce Machiavel texan, la politique est bien plus que la tactique de campagne. L’homme a de grandes ambitions pour son parti et pour son pays. Il entend remodeler le paysage politique américain et assurer le règne républicain « pour au moins trente ans ». Pendant quatre ans à la Maison Blanche, où il occupe le bureau qui fut celui d’Hillary Clinton, son influence s’est étendue à la quasi-totalité des sujets. Avec toujours le même souci : s’assurer le soutien inconditionnel de la base conservatrice, par un travail de terrain ou les réseaux d’influence le disputent à la technique éprouvée du mailing. A New York, Emmanuel Saint-Martin
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