Pourquoi cette tempête s'appelle-t-elle Xynthia?

DECRYPTAGE La tempête qui a balayé la France et l'Europe a en fait été baptisée par un inconnu. Explications...

Bérénice Dubuc, avec agence

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Les secours on dû itnervenir par hélicoptère pour évacuer les sinistrés, comme ici, dans la région de La Rochelle, dimanche 28 février 2010.

Les secours on dû itnervenir par hélicoptère pour évacuer les sinistrés, comme ici, dans la région de La Rochelle, dimanche 28 février 2010. — Reuters

Xynthia. On entend beaucoup parler d’elle, mais on ne sait pas pourquoi on l’appelle ainsi. Au même titre que les cyclones tropicaux (Katrina, Gustav), les tempêtes météorologiques européennes majeures reçoivent un nom, donné par l'Institut de Météorologie de l’Université libre de Berlin.

En 1954, Karla Wege, alors étudiante de l'Université, a proposé de nommer les dépressions et anticyclones qui causaient des dommages importants en Europe, pour rendre les cartes météorologiques plus lisibles pour le grand public. Elle devint ensuite une météorologiste célèbre à la télévision allemande, et démocratisa cette pratique. Ces noms varient habituellement d'un pays à l'autre, mais certaines tempêtes célèbres passent dans le vocabulaire de l'Europe entière.

 

«On a fait plusieurs fois le tour complet de l'alphabet»

Lors des années paires, les dépressions reçoivent des noms féminins; ces noms étant masculins lors des années impaires. Les anticyclones sont baptisés selon la convention inverse. «On a fait plusieurs fois le tour complet de l'alphabet: des dépressions et des anticyclones, il s'en forme plusieurs fois par jours sur l'hémisphère nord et on a vite épuisé les 26 lettres», a indiqué à l'AFP François Dausse, prévisionniste à Météo France.

Les tempêtes tropicales, comme Katrina en Louisiane en 2005 ou l'ouragan Gustav en 2008 sur Haïti, répondent quant à eux à une classification différente selon les bassins (Atlantique, Pacifique, Indien...). Ainsi, la seule année 2009 a vu défiler en rafales, souvent meurtrières, Anna, Danny, Erika, Fred, Henri et Ida, en novembre dernier sur le Salvador.

199 euros pour Xynthia

En Europe, l'Institut de météorologie de Berlin suivait initialement une liste pré-établie de noms, où on remplaçait le nom des tempêtes et anticyclones qui avaient marqué la mémoire collective (comme cela se fait toujours pour les cyclones tropicaux). Mais depuis 2002, chacun peut acheter le nom d’une future tempête.

L’acheteur débourse 199€ pour une dépression, 299€ pour un anticyclone. Et si une lettre ne trouve pas preneur, le site organise des enchères sur eBay. Chaque année, quelque 150 noms sont ainsi donnés à des tempêtes météorologiques, mais la plupart reste inconnu du grand public: toutes les dépressions n sont pas aussi spectaculaires que Xynthia.


C’est un certain Wolfgang Schütte qui a choisi le prénom Xynthia. Les deux prochaines s’appelleront Yve et Zana.