Pas d'excuses officielles, mais un grand pas pour les relations franco-rwandaises, mises à mal depuis le génocide au Rwanda en 1994. Au cours d'une visite de quelques heures à Kigali - la première d'un président français depuis plus de vingt-cinq ans - Nicolas Sarkozy a assuré à son homologue rwandais Paul Kagame vouloir « bâtir une nouvelle relation bilatérale » basée sur la compréhension. Selon le président français, « des erreurs d'appréciation » ont été commises, provoquant des « conséquences absolument dramatiques ». Il a admis que l'opération Turquoise, lancée en juin 1994, trois mois après le début du génocide, avait été engagée « trop tardivement et sans doute trop peu ».
S'il a demandé que tous les responsables du génocide soient « retrouvés et punis », et cela « où qu'ils se trouvent », il n'a pas pour autant présenté d'excuses officielles de la France, attendues par une partie de la population rwandaise. « J'ai prononcé des mots qui sont forts », a rappelé Nicolas Sarkozy. Un mea-culpa qui fera peut-être oublier les accusations de Jean-Louis Bruguière en 2006, à la suite desquelles le président rwandais avait rompu ses relations avec la France. Dans son rapport, le juge mettait en cause neuf proches de Paul Kagame dans l'attentat contre l'avion du précédent président Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994, considéré comme le point de départ du génocide. W