tournée africaine express pour le président de la république

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Publié le 24 février 2010.

Un voyage en forme de grand écart. Le président français décolle aujourd'hui pour une nouvelle tournée africaine. Première escale : le Gabon. Nicolas Sarkozy voyage là en terrain connu. Libreville, c'est le pré carré de la France depuis plus de quarante ans. Peu avide de changement, Paris s'est bien assuré, lors de la disparition d'Omar Bongo, que rien ne changerait.

Résultat, c'est son fils Ali Bongo qui l'a remplacé à la présidence à l'issue d'un « coup d'Etat électoral », le 30 août, selon l'expression de l'association Survie, qui milite pour une nouvelle politique de la France en Afrique. De ses piètres manoeuvres, à l'époque, la France ne s'est même pas vraiment cachée, son homme de main pour les affaires africaines, Robert Bourgi (lire ci-dessous), n'hésitant pas à dire publiquement sa préférence dynastique. Pas à une contradiction près, Paris jure pourtant voir en ce jeune chef d'Etat « le modèle d'une politique plus moderne et débarrassée des soupçons du passé ». Or, si sur la forme, Ali Bongo a peut-être des manières différentes du père, sur le fond, le fils incarne, lui aussi, le meilleur allié de l'Hexagone sur le continent. Et c'est tranquillement que, pour la troisième fois, Nicolas Sarkozy célébrera aujourd'hui « l'amitié franco-gabonaise ». Sa visite au Rwanda demain, première visite d'un chef d'Etat français depuis le génocide de 1994, promet d'être bien plus compliquée. Elle doit pourtant marquer la réconciliation entre Paris et Kigali, dont les relations ont été officiellement rompues en 2006. La raison du divorce : un écheveau de procédures judiciaires qui articule les relations entre les deux capitales depuis 1994 et le génocide qui a fait 800 000 morts, en grande majorité d'ethnie tutsie. Kigali accuse Paris, très proche à l'époque de l'ancien régime, de complicité de génocide, tandis qu'en 2006, neuf mandats d'arrêt ont été émis par le juge français Jean-Louis Bruguière contre des proches de l'actuel président rwandais, Paul Kagamé. L'enquête, aujourd'hui dans les mains du juge Marc Trévidic, les soupçonne d'avoir fomenté l'attentat de son prédécesseur, considéré comme le point de départ du génocide. Pour l'instant, rien ne dit que cette procédure, engagée dans un processus bien plus long que le temps politique, ne sera abandonnée. Mais les intérêts bien compris des deux parties viseraient plutôt à clore toutes poursuites. D'un côté, comme de l'autre. W

Armelle Le Goff
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