JUSTICE - La responsable de la congrégation baptiste est en revanche toujours en détention...
La décision était attendue par Washington. Le juge chargé du dossier des 10 baptistes américains
inculpés d'enlèvement d'enfants en
Haïti a ordonné la libération conditionnelle de huit d'entre eux, qui ont quitté mercredi la prison de Port-au-Prince dans la soirée.
«Huit de mes clients vont être libérés. Le juge veut interroger deux de mes clients parce qu'ils étaient en Haïti avant le séisme» du 12 janvier, avait déclaré l'avocat Aviol Fleurant. Les deux baptistes qui restent emprisonnés sont la porte-parole du groupe, Laura Silsby, et sa confidente Charisa Coulter, a indiqué Me Fleurant. Aux Etats-Unis, Laura Silsby
traîne plusieurs casseroles.
Charges non levées
Les huit Américains libérés ont quitté la prison dans la soirée à bord d'une camionnette avec des plaques diplomatiques. Ils ont été conduits à l'aéroport. Les 10 Américains avaient été inculpés le 4 février d'«enlèvement de mineurs» et d'«association de malfaiteurs» après avoir été arrêtés avec 33 enfants à la frontière avec la République dominicaine. Un conseiller dominicain du groupe fait face à
des charges de trafic sexuel au Salvador.
Un autre avocat des Américains, Louis Gary Lissade, a insisté sur le fait que les accusations à l'encontre des huit personnes libérées n'avaient pas été levées, mais s'est dit confiant dans le fait qu'elles le seraient en fin de compte.
Des orphelins pas si orphelins
Le juge d'instruction doit encore continuer l'enquête au fond pour déterminer s'ils ont bien enlevé les enfants. Il devra ensuite à nouveau renvoyer le dossier au parquet, qui lui remettra ses conclusions. Le juge chargé du dossier déterminera enfin de renvoyer un ou plusieurs membres du groupe devant un tribunal ou d'abandonner les charges.
Les 10 membres d'une association caritative de
l'Idaho avaient été arrêtés le 29 janvier à la frontière dominicaine alors qu'ils tentaient de faire passer les enfants sans papiers d'identité, moins de trois semaines après le séisme du 12 janvier qui a fait plus de 217.000 morts. Ils ont assuré que les enfants étaient orphelins mais n'ont pas pu présenter de papiers.
Dans les jours qui ont suivi, il est cependant devenu évident que la majorité de ces «orphelins» avaient en réalité des parents. Mais plusieurs d'entre eux ont affirmé avoir confié leurs enfants aux missionnaires américains de leur plein gré, espérant que ceux-ci leur offriraient des soins médicaux et les inscriraient à l'école en République dominicaine.
P.B. avec agence