L'Union européenne veut protéger les mineurs sur les réseaux sociaux

WEB Il s'agit de préserver leur vie privée...

S. C. et J. M.

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Même si certains résistent encore par principe, la plupart des recruteurs n'hésitent plus à chercher sur internet des informations personnelles sur les postulants à un emploi.stra.

Même si certains résistent encore par principe, la plupart des recruteurs n'hésitent plus à chercher sur internet des informations personnelles sur les postulants à un emploi.stra. — Leon Neal AFP/Archives

Les plus jeunes ne sont pas assez méfiants sur le Net. Partant de ce constat, la Commission européenne a appelé mardi les réseaux sociaux, comme Facebook ou MySpace, à accentuer leurs efforts pour protéger la vie privée des mineurs, particulièrement avides de ces forums. «J'attends de toutes les sociétés qu'elles en fassent davantage» pour préserver la vie privée des mineurs qui publient du contenu, a déclaré la commissaire à la société de l'information et aux médias, Viviane Reding, à l'occasion de la «Journée pour un Internet plus sûr».

Profils privés

«Les profils des mineurs doivent être privés par défaut, et les questions ou signalements d'abus doivent recevoir des réponses rapides et appropriées», a poursuivi la commissaire, rappelant que la moitié des adolescents européens publie des informations personnelles - nom, âge, adresse, mail, photos... - sur des sites comme Facebook, MySpace, Bebo et autres.

20 sociétés gérant 25 réseaux sociaux ont signé, entre février et juin 2009, un protocole par lequel ils s'engageaient notamment à rendre les consignes de sécurité faciles à comprendre et à appliquer, et à simplifier le contrôle de l'accès à leurs informations. Mais un contrôle effectué en octobre 2009 a révélé que ces sites ne jouaient pas le jeu: seulement la moitié d‚entre eux propose que le profil du mineur soit inaccessible par un moteur de recherche, moins de la moitié a répondu aux plaintes reçues pendant l'évaluation, et 40% seulement prévoient par défaut que les informations concernant les mineurs ne soient visibles que de leurs amis.

Ainsi, si Dailymotion obtient de bons résultats, ceux de Facebook sont plus mitigés. La Commission reproche notamment au réseau social, qui revendique 400 millions d'utilisateurs dans le monde, ses règles sur la vie privée difficile à comprendre pour les moins de 13 ans. en outre, la Commission déplore l‚absence d‚avertissement sur les risques encourus par les utilisateurs s'ils postent des contenus à caractère sexuel.

Sexting

Car le cheval de bataille de la Commission est la sensibilisation des plus jeunes aux risques du sexting. Un sujet abordé dans cette vidéo:



Une étude menée en Italie et publiée mardi révèle en effet que 8% des mineurs italiens âgés de 15 à 17 ans et actifs sur la Toile sont des adeptes du sexting, cette pratique qui consiste à envoyer des photos de soi dénudées. Une pratique qui concerne également les plus jeunes puisque le premier envoi de photos à connotation sexuelle intervient entre l'âge de 10 et 14 ans pour 47% des adolescents italiens.

En France, la tendance du dedipix avait alerté des associations, en août dernier. Dominique Delorme, responsable du service téléphonique Net écoute, chargé de la protection des jeunes sur Internet, confirme la tendance. «Je ne vois qu'une infime partie de l'iceberg, mais celà représente 15 à 20% de nos appels sur les 6 derniers mois», a-t-il assuré à 20minutes.fr.

Il note une recrudescence es cas de «déshabillage» concernant des pré-ados approchés par d'autres pré-ados grâce aux réseaux sociaux. Pour les alerter, la Cnil a lancé «2025, ex machina», un site avec un message simple: «Sur le web un jour, des traces pour toujours ?». Pour rappeler à chacun qu'Internet a très bonne mémoire...

Et vous, pensez-vous que les ados sont suffisamment alertés des dangers de certaines pratiques sur le Net? Que pensez-vous de ces initiatives?