ETATS-UNIS - Le projet respectera la loi qui interdit la torture...
C'est Jack Bauer qui va être content. Les Etats-Unis vont se lancer dans la «recherche scientifique» afin d'améliorer les techniques d'interrogatoire de suspects de terrorisme, a indiqué mercredi le directeur du renseignement américain Dennis Blair.
Une unité d'élite spécialisée dans les interrogatoires va se pencher sur «ce domaine longtemps négligé», a expliqué Denis Blair devant la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, sans donner davantage de précisions.
Groupe d'interrogation des détenus de haute importance
Un porte-parole de Denis Blbair n'a pas souhaité non-plus s'étendre sur le sujet, mais il a assuré qu'un tel projet serait conforme à la loi américaine qui interdit la torture. La recherche sera conduite par un groupe spécialisé, le Groupe d'interrogation des détenus de haute importance (HIG).
«Nous lui avons attribué la responsabilité de faire de la recherche scientifique pour déterminer s'il existe de meilleurs moyens d'obtenir des informations de la part de gens, tout en restant en adéquation avec nos valeurs», a dit Denis Blair, qui a précisé que le HIG doit s'en tenir au manuel de campagne de l'armée américaine qui interdit les techniques d'interrogatoire abusives.
Les techniques d'interrogatoire américaines dans la guerre contre le terrorisme, sous l'administration de George W. Bush, ont été beaucoup critiquées aux Etats-Unis et dans la communauté internationale. Des méthodes telles que la simulation de noyade étaient alors utilisées. Jusqu'à
183 fois sur Khalid Cheikh Mohammed, considéré comme le cerveau des attentats du 11-Septembre. Le président Obama a interdit de telles méthodes peu après son arrivée à la Maison Blanche.
La méthode douce souvent plus efficace
Au-delà de l'aspect moral, de nombreuses voix se sont élevées pour critiquer les résultats obtenus par la torture. «Un terroriste entraîné dans les camps d’Al-Qaida s’attend à ce que nous employions la force. Il est y préparé. Amenez un seau d’eau et il se ferme complètement»,
explique Matthew Alexander, un interrogateur déployé en Irak et auteur du livre
Comment briser un terroriste. Selon lui, «utiliser son cerveau, la ruse et la tromperie» est bien plus efficace, comme l'a montré le succès de la traque d'
Abou Moussa A-Zarqaoui.
P.B. avec agence