C'est au tour de Tony Blair de rendre des comptes. L'ancien Premier ministre est entendu aujourd'hui par la commission d'enquête sur les conditions de l'engagement militaire britannique en Irak, en 2003. L'occasion de se justifier devant ses détracteurs, parmi lesquels se trouvent certains de ses anciens collaborateurs, qui l'accusent d'avoir foncé tête baissée dans une guerre «illégale». Parmi eux, Michael Wood, membre éminent du Foreign Office à l'époque, et son assistante Elizabeth Wilmshurst affirment qu'ils avaient «clairement avisé» l'entourage de Tony Blair des irrégularités de l'opération visant à renverser le régime de Saddam Hussein.
45 000 soldats engagés
Au moment des faits, l'ex-Premier ministre avait choisi de soutenir l'intervention chapeautée par les Etats-Unis, sous couvert d'une résolution de l'ONU qui visait à contraindre l'Irak à coopérer avec la communauté internationale dans le domaine du désarmement. Mais, même si le texte «institue un régime d'inspection renforcé » (résolution 1441) dans le pays, il n'autorisait pas pour autant, d'après Michael Wood, l'emploi de la force. Le témoignage de Tony Blair devant la commission d'enquête chargée de faire la lumière sur les raisons qui ont poussé à l'entrée en guerre du pays ne devrait pas créer la surprise. En effet, le mois dernier, l'ex-chef du gouvernement a pris les devants en s'exprimant sur la BBC. «Nous étions convaincus que Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive (ADM)», a-il argué avant de se contredire en avouant que, même sans cette menace, il «aurait continué à penser qu'il était juste de le renverser».
A l'issue du conflit, qui aura duré plusieurs années - il se poursuit toujours pour les forces américaines - et mobilisé 45 000 soldats britanniques, il a été prouvé que l'Irak ne détenait pas d'ADM. Jonathan Powell, un très proche collaborateur de l'ancien gouvernement, a nuancé le rôle tenu par Tony Blair. Selon lui, l'ancien locataire de Downing Street aurait préféré une solution diplomatique et il estime qu'il «n'était pas un va-t-en-guerre». Une position que ne partagent pas les militants pacifistes qui ont prévu de manifester toute la journée.