Haïti: les secours peuvent-ils travailler en sécurité?

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Publié le 21 janvier 2010.

HUMANITAIRE - Une ONG a décidé de se retirer de l'île après un braquage. Le point sur un travail de terrain difficile...

Mercredi, la petite ONG COSI, Comité de secours internationaux, basée à Aubenas, a décidé de faire rentrer son équipe d’Haïti, suite à un braquage. Contacté par 20minutes.fr, son directeur, Laurent Coste, évoque des «émeutes autour des dispensaires» et une situation d’insécurité qui allait «crescendo».
 
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«Mardi, une voiture s’est mise en travers de la route, devant le véhicule de notre équipe, pour tenter de la braquer. Le chauffeur a alors démarré, une balle a été tirée, qui est passée au-dessus du véhicule». Pas de blessés, mais une situation difficile pour cette équipe de douze personnes. «On a pensé qu’il fallait le dire, poursuit Laurent Coste, dans une situation de catastrophe naturelle, c’est la première fois qu’on se fait braquer.»
 
Du côté des autres ONG présentes sur place, pas d’incident à rapporter. Care France, contacté par 20minutes.fr, affirme n’avoir eu «aucune remontée à ce sujet-là». Même son de cloche chez MSF, Médecins du Monde, Architectes de l’Urgence ou encore Action contre la Faim.
 
«Atmosphère tendue dans les villes»
 
Chez ces derniers, on parle néanmoins d’une «atmosphère tendue dans les villes». «C’est difficile dans certains quartiers, les équipes entendent des coups de feu dans la rue, mais elles ne se sentent ni menacées, ni en insécurité», affirme l’ONG.
 
Il faut dire que devant l’absence de nourriture et d’eau potable, les humanitaires sont accueillis cordialement par la population. «Quand on installe des puits ou des réservoirs d’eau, la population est très chaleureuse», raconte-t-on chez Action contre la Faim. Pareil pour Médecins du Monde, «partout où on va, on est bien accueillis, notamment quand on apporte des soins dans les campements de fortune».
 
Des mesures de sécurité
 
Les ONG se disent néanmoins «vigilantes». Avant le séisme, il y avait déjà de la violence dans les rues d’Haïti et des gangs. Une situation qui incite les organisations à la prudence. MSF précise que les équipes «font attention la nuit. Il n’y a pas de mouvement de véhicules, on évite que les personnes ne sortent». Chacun a son protocole de sécurité, à appliquer sur tous les terrains.
 
Chez Action contre la Faim, on s’appuie sur la population locale pour faire le relais entre les humanitaires et les victimes du séisme. «Dans les campements, on repère des personnes-ressources qui font le lien entre nous et la communauté», explique l’ONG, «elles font des listes de familles qui ont besoin d’aide. C’est bien organisé, on est attendus, donc ça se passe mieux».
Oriane Raffin
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