Les démocrates perdent le siège de Ted Kennedy et leur super majorité au Sénat

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Publié le 20 janvier 2010.

ETATS-UNIS - La victoire surprise du républicain Scott Brown dans le Massachusetts est une véritable claque pour les démocrates...

De notre correspondant à Los Angeles

Ils vont longtemps se demander comment ils ont pu laisser filer la victoire. Ted Kennedy, le «lion du Sénat», a occupé ce siège de sénateur du Massachusetts pendant 46 ans. L'an dernier, Barack Obama devançait John McCain de 25 points dans cet Etat du nord-est américain. Mais mardi soir, c'est pourtant bien Scott Brown, un républicain, qui a terrassé la démocrate Martha Coakley (53% vs 47%), alors que cette dernière comptait 20 points d'avance dans les sondages début décembre.
 
Scott Brown est un républicain atypique. Il a 50 ans, en fait 10 de moins avec sa gueule de playboy (il a posé nu pour Cosmopolitan en 1982), sa fille a participé à American Idol et il est pro-avortement. Mardi soir, il s'est félicité que «la voix des indépendants» ait parlé, dans un Etat traditionnellement démocrate mais où quatre des cinq derniers gouverneurs étaient républicains.
 
Quelle conséquence pour la réforme de l'assurance maladie?
 
Les républicains comptent désormais 41 sénateurs. Les démocrates ont donc perdu leur «super majorité» des 60 qui permet l'adoption rapide de réformes en évitant l'obstruction parlementaire.
 
Si Barack Obama a téléphoné à Scott Brown pour le féliciter, la victoire de ce dernier lui pose un sacré problème. Fin 2009, les deux chambres du Congrès ont en effet adopté au forceps un projet de réforme de l'assurance maladie. Sauf que les deux versions du texte, très différentes, doivent encore être réconciliées avant un dernier vote au Congrès.
 
Selon un expert sur MSNBC, il serait «surprenant» que le Congrès force le processus avant que Scott Brown ne prenne ses fonctions dans deux semaines. Certains, y compris chez les démocrates, appellent à «faire un pas en arrière», voire même à «repartir de zéro». L'idée serait d'abandonner la réforme, relativement impopulaire dans son état actuel, et d'en inclure certains éléments dans un plan pour l'emploi.
 
Le discours sur l'état de l'Union, qu'Obama doit prononcer le 27 janvier, s'annonce un peu plus crucial.
Philippe Berry
Emploi

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