CLIMAT - La polémique enfle après les révélations de la presse britannique ce week-end...
Après l'affaire
des emails piratés du «climategate» fin novembre, la réputation du GIEC est à nouveau écornée. Le chef du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) a cependant défendu mardi à Abou Dhabi son groupe sur une prévision erronée sur la fonte des glaciers de l'Himalaya.
En 2007, dans son 4è rapport, qui lui avait valu le Prix Nobel de la Paix, le GIEC avait estimé que les glaciers de l'Himalaya reculaient plus vite que les autres du monde et «pourraient disparaître d'ici 2035, voire avant».
Rajendra Pachauri, le chef du groupe, a déclaré à la presse à Abou Dhabi en marge d'un sommet sur les énergies du futur, que même si cette prévision était erronée, il n'en demeure pas moins que le changement climatique est réel.
«On s'est trompé sur un chiffre»
«Disons qu'on s'est trompé d'un chiffre mais cela n'enlève rien aux preuves scientifiques sur ce qui affecte le climat sur cette terre», a-t-il ajouté. «Je n'ai jamais utilisé de date parce que je pense qu'il ne revient pas au GIEC de faire des prévisions datées. Nous donnons toujours une fourchette et c'est la méthode scientifique (...) Nous avançons habituellement des scénarios de ce qui peut arriver», a-t-il encore dit.
Le GIEC vivement critiqué pour sa prévision, y compris mardi par un membre du gouvernement indien, le ministre de l'Environnement, Jairam Ramesh, va répondre à ces critique à la fin de la semaine, a indiqué son chef. «Avant la fin de la semaine, nous allons certainement arrêter une position et l'annoncer. Nous vérifions l'origine de cette information, sa véracité et ce que le GIEC doit dire à ce propos», a poursuivi Jairam Pachauri, lui même Indien.
Une erreur signalée en 2006
La polémique a éclaté ce week-end après un article du
Sunday Times. Selon le quotidien britannique, l'échéance de 2035 pourrait n'être fondée sur aucune recherche valide et avait été utilisée à l'origine par l'organisation environnementale WWF. Interrogé par l'AFP lundi, un éminent glaciologue autrichien et l'un des co-auteurs du rapport de 2007, le Pr Georg Kaser, de l'Institut de glaciologie d'Innsbrück, a assuré avoir attiré l'attention de ses pairs sur cette «erreur» dès 2006.
«Fin 2006 (...) j'ai pris connaissance de cette erreur et de quelques autres. C'était après la dernière revue, mais avant la publication, donc on avait encore une possibilité de modifier» le texte, a-t-il expliqué. «Je l'ai fait remarquer. Pour une raison que j'ignore, ils n'ont pas réagi», a-t-il ajouté, regrettant «un certain amateurisme» de la part de certains de ses collègues chargés de ce chapitre.
P.B. avec agence