SOCIETE – Plus de 7 italiens sur 10 âgés de 18 à 39 ans habitent encore chez leurs parents...
Les jeunes italiens sont d’éternels fils à leur maman. Dans leur pays, on les appelle les «mammoni». Repas, linge, logement aux frais de papa-maman, autant d’avantages que ces mâles ne semblent pas vouloir quitter. Leur réputation de beaux gosses virils en prend un sérieux coup.
Renato Brunetta, le ministre de l’Administration publique et de l’Innovation, souhaite mettre un terme à ce phénomène. Il propose une loi qui contraindrait tous les rejetons de plus de 18 ans à quitter le domicile parental. «Tous ces jeunes pensent qu’ils vivent dans un hôtel gratuit. Cela permet aux parents de garder un contrôle sur eux, émotionnellement, socialement et financièrement » a-t-il affirmé au journal britannique
The Independant.
Cet homme d’Etat a par ailleurs avoué avoir lui même habité «chez maman» jusqu’à 30 ans, et n’avoir jamais fait son lit jusqu’à cette date. Il a admis en avoir «honte».
«Une maladie sociale»
Un rapport de
l’Istat publié lundi 28 décembre 2009, repris par Le Figaro, montre qu’entre 2003 et 2007, plus de 7 jeunes sur 10 entre 18 et 39 ans vivent encore au domicile parental. Autre enseignement, les femmes sont plus indépendantes que les hommes, puisqu’entre 30 et 34 ans, 4 hommes sur 10 sont chez leurs parents contre seulement 2 femmes sur 10.
La raison - ou parfois l’excuse – la plus fréquemment invoquée (par 47,8% des «pots de colles») sont les difficultés économiques. Et deux facteurs les poussent à prendre leur envol: le mariage (43,7%) avant l’exigence d’autonomie et d’indépendance (28,1%).
Selon l’étude, le phénomène devient une véritable «maladie sociale» et représente l'une des causes principales du faible taux de natalité du pays. Cependant, les tribunaux italiens n’ont pas l’air de cet avis. Une cour de justice de la ville de Bergamo a récemment condamné Giancarlo Casagranda, un père divorcé, à verser 350 euros par mois à sa fille pour qu’elle puisse continuer à vivre et à suivre ses cours de philosophie. Martina a 32 ans.
M. L.