SANTE - Sur place, les membres de médecins sans frontières oscillent entre impuissance et frustration...
«C'est une course contre la montre.» A
Port-au-Prince, les humanitaires de
Médecins sans Frontières (MSF) ne cachent pas leur impuissance face aux risques infectieux qui guettent les innombrables blessés. Pour l'infirmier coordinateur Loris de Filippi, «la situation est dramatique, plusieurs milliers de personnes attendent des interventions chirurgicales».
L'amputation comme seule solution
Sur place, les équipes s'organisent comme elles peuvent. «Une partie des structures de soins se sont effondrées et nous avons évacué les patients», explique Benoît Le Duc, responsable des programmes MSF à Haïti. En récupérant le matériel qui pouvait l'être, cinq structures ont pu être mises sur pieds, mais les difficultés perdurent.
«Nous avons besoin d'endroits pour opérer et de médicaments», se désole Benoît Le Duc. Et le temps presse, certains patients nécessitant
une chirurgie immédiate. «Chaque minute qui passe augmente les risques de gangrène», décrit Loris de Filippi. Aussi, très souvent, la seule solution, c'est l'amputation.
Frustrations
Le désespoir et la frustration de la population, livrée à elle-même dans les rues désolées, n'arrange rien à l'affaire. «
Les faits de violence se multiplient», regrette Benoît Le Duc. Son collègue note même que «depuis 3 jours, nous devons traîter de nombreuses plaies par balles ou par arme blanche», au détriment des
blessés du séisme.
De la frustration, les humanitaires en ressentent eux aussi. «Hier, 2 avions cargos chargés de matériel ont tourné au-dessus de Port-au-Prince avant d'être dérouté sur
Saint-Domingue», enrage Benoît Le Duc. Les Etats-Unis, qui contrôlent l'aéroport,
ont un temps été accusés. «On peut se poser la question de l'efficacité», reconnaît le responsable. Avant d'éluder: «Mais ce n'est pas à moi d'en juger.»
Julien Ménielle