HAITI - Un sismologue décrypte le séisme qui s'est produit en Haïti...
Beaucoup de dégâts et un bilan humain encore très incertain. Le séisme qui a
ravagé mardi la capitale haïtienne, Port-au-Prince, a été d’autant plus dévastateur qu’il s’est produit à une faible distance de la surface de la Terre, a expliqué à 20minutes.fr
le sismologue de l'Institut de Physique du Globe de Strasbourg Jérôme Van Der Woerd.
Comment expliquer les dégâts occasionnés par le séisme en Haïti?
Plus un séisme est proche de la surface de la Terre, plus il occasionne de dégâts. Celui d’Haïti s’est produit entre 10 et 15 km de profondeur, ce qui est relativement proche. Additionnée à la magnitude (7 sur l’échelle de Richter), les dégâts sont en conséquence très importants.
Cette faible profondeur est-elle à l’origine des fortes répliques?
La profondeur ne change rien au nombre de répliques. Ce qu’on peut dire, c’est que certaines peuvent être très superficielles, mais d’autres correspondent à des secousses très importantes. Ces répliques peuvent considérablement étendre la zone des dégâts.
Cette zone est-elle connue comme sismique?
Oui c’est une faille connue. Haïti se situe à la frontière entre les plaques des Caraïbes et nord-américaine, qui coulissent l’une contre l’autre. Il existe deux zones de décrochage, une faille au Nord et une faille sous Port-au-Prince, qui avait déjà connu un séisme très violent en 1751.
Peut-on savoir sur quelle surface s’étendent les dégâts?
La zone de la rupture s’étend entre 50 et 100 kilomètres depuis l’épicentre. Mais les dégâts peuvent s’étendre bien au-delà. J’ai vu les photos et ça ressemble beaucoup aux dégâts que j’avais pu constater au Sichuan, après le séisme de mai 2008 qui avait fait 80.000 morts. Dans ce cas-là, le séisme s’est en plus produit sous une capitale de 4 millions de personnes, mais tout dépend aussi de la qualité des habitations
Propos recueillis par Maud Noyon