Ce week-end, plus d'un millier d'immigrés ont plié bagage et quitté Rosarno. En fin de semaine dernière, cette ville de 15 000 habitants située en Calabre, dans le sud de l'Italie, a été le théâtre de violentes manifestations d'immigrés, qui protestaient contre des tirs de fusil à air comprimé ayant visé plusieurs d'entre eux ces dernières semaines. Les manifestants ont incendié des voitures, brisé des vitrines et des affrontements se sont produits avec la police. Vendredi, la population a cherché à se venger en procédant à une « chasse aux immigrés » au cours de laquelle plusieurs étrangers ont été blessés. Le dernier bilan des violences faisait état de 67 blessés parmi lesquels 31 étrangers, dont 6 étaient toujours hospitalisés hier.
Selon la presse, au moins 4 000 travailleurs migrants, souvent d'origine africaine, sont employés à Rosarno à cette période de l'année, en général illégalement, pour cueillir mandarines, oranges et kiwis. Le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés et le principal syndicat italien, la CGIL, ont dénoncé « des conditions de vie inhumaines : cabanes insalubres, sans eau, sans hygiène » et des « salaires de misère » (25 euros par jour).
Une enquête a été ouverte sur le rôle de la mafia calabraise, la Ndrangheta, qui est soupçonnée d'avoir attisé les affrontements ces derniers jours. W