ETATS-UNIS - Mais l'agence de sécurité américaine n'a pas assez diffusé l'avertissement...
C'est l'histoire d'un rapport qui n'aurait pas dû prendre la poussière. Comme pour les attentats du 11 septembre, la CIA était au courant des intentions du jeune Nigérian, mais le rapport s'est perdu dans les méandres de l'administration américaine, provoquant
la colère de Barack Obama.
Selon le
Wall Street Journal, le père d'
Umar Farouk Abdulmutallab a rencontré la CIA à l'ambassade américaine d'Abuja, la capitale du Nigeria, le 19 novembre dernier. D'après le quotidien, qui cite un responsable américain sous couvert d'anonymat, cette rencontre a entraîné le lendemain une réunion entre des représentants du ministère de la Sécurité intérieure, de la police fédérale (FBI), du département d'Etat et de la CIA.
Un rapport trop peu diffusé
Le
Wall Street Journal affirme que les informations obtenues au cours de cette réunion n'ont pas été recueillies et analysées aux Etats-Unis. Selon
CNN, un rapport avait pourtant été écrit à l'issue de la rencontre et ce document avait été envoyé au siège de la CIA à
Langley, en Virginie, près de Washington.
Le porte-parole de la CIA, Paul Gimigliano a indiqué au
Wall Street Journal que l'agence de renseignement a fait en sorte de placer le nom d'Umar Farouk Abdulmutallab dans
une vaste base de données officielle de personnes susceptibles d'avoir un lien quelconque avec le terrorisme (le TIDE) et qu'elle a transmis des éléments de sa personnalité au centre national d'antiterrorisme (NCTC), l'agence gouvernementale qui coordonne les activités du renseignement américain.
Pas d'«élément clé»
Mais cela n'a pas été suffisant pour provoquer son arrestation, ni même l'empêcher de
prendre l'avion pour Detroit. Un responsable du renseignement cité par CNN a indiqué qu'il n'y avait en effet pas d'«élément clé» issu de la rencontre avec le père du suspect qui aurait permis de placer le nom d'Umar Farouk Abdulmutallab sur la «No Fly List», une liste de près de 4.000 personnes interdites de vol vers les Etats-Unis.
Cette nouvelle erreur met en lumière le manque de coopération entre les différentes agences de renseignement américaines, dont les carences avaient déjà été pointées par les attentats du 11 septembre 2001.
C.C. avec agence