Depuis le début de la semaine, les restrictions appliquées aux représentants des ONG pour accéder au Bella Center, le lieu des débats, créent non seulement de la colère, mais aussi une certaine désillusion. Malgré les accréditations délivrées à 2 300 représentants d'ONG, l'entrée se fait désormais au compte-gouttes, en raison de la présence des chefs d'Etat. « J'ai attendu neuf heures lundi avant de me voir refuser l'entrée », raconte Sébastien Godinot, des Amis de la Terre. La pilule est dure à avaler pour des organisations qui préparent ce sommet depuis des mois. « On a tout fait dans les règles, les demandes d'accréditation, les manifestations, et les Nations unies nous virent comme des malpropres », constate Sébastien Godinot.
Après la colère, l'amertume. Car les responsables d'ONG craignent pour l'accord final. « On nous empêche de faire notre travail, d'accompagner les pays du Sud dans les négociations », déplore Sébastien Godinot. Or, comme l'explique François Gemenne, chercheur à l'Iddri (Institut du développement durable et des relations internationales), les pays pauvres ne comptent parfois qu'un ou deux délégués, en raison des coûts que représente le voyage. Ils sont donc peu armés face aux bataillons des pays industrialisés. L'appui des ONG, qui connaissent sur le bout des doigts les rouages des négociations, est parfois indispensable. « Mais comme à l'Organisation mondiale du commerce, les grands de ce monde ont décidé d'exclure à la fois les pays pauvres et la société civile », conclut, déçu, Sébastien Godinot. Avant de retourner préparer les prochaines actions. W
Solène Cordier (pour youphil)