A la reprise des travaux en séance plénière hier, l'Inde a dénoncé un « bazar intégral » tandis que le micro-Etat de Tuvalu a comparé la conférence au Titanic. Officiellement, la 15e conférence sur le climat ne peut pas conduire à un échec, mais en coulisses, diplomates et experts envisagent déjà les conséquences politiques de l'éventuel fiasco d'un sommet réunissant les deux tiers des dirigeants de la planète.
Depuis plusieurs mois en effet, les nuages s'amoncellent au-dessus de Copenhague et il devient de plus en plus évident qu'il sera impossible de signer d'ici à la fin du sommet le traité contraignant attendu depuis la conférence de Bali en 2007. Au mieux, les négociations accoucheront d'une stratégie ambitieuse de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il faudra alors de nouveaux pourparlers, l'an prochain, pour le transformer en accord contraignant. En fait, le gros problème de cette conférence est qu'elle met en compétition les intérêts nationaux et l'intérêt général planétaire qui implique des sacrifices individuels. Une réunion restreinte de vingt-cinq ministres s'est néanmoins tenue hier pour rédiger l'accord. C'est dans ce contexte que le président français Nicolas Sarkozy a rendu hommage à son homologue américain, Barack Obama, qu'il a estimé « courageux » et « en avance sur la classe politique » de son pays. Pour Yvo de Boer, le plus haut responsable de l'ONU chargé du climat, qui compte dix années de pratique de négociations sur le sujet, il y aura « un énorme coût politique si nous ne parvenons pas à trouver un accord ». La pression est d'autant plus grande sur les négociateurs que les populations aux quatre coins du monde ont fortement réagi aux mises en garde des scientifiques concernant les menaces d'inondations, de sécheresse ou de montée des eaux. En Californie touchée par les incendies, ou en Australie ravagée par la sécheresse, la population a vu une preuve du dérèglement déjà avancé du climat. W