« Je vais bien, je vais bien », a répété Silvio Berlusconi hier en sortant de la salle des urgences, pour regagner la chambre d'hôpital où il devait rester vingt-quatre heures en observation, selon l'agence Ansa. Le chef du gouvernement italien, 73 ans, a en effet été frappé au visage à la fin d'un meeting électoral à Milan avec un objet : une statuette, une réplique miniature du Dôme de Milan, qui avait un socle métallique. Le visage tuméfié, couvert de sang, il a rapidement été emmené à sa voiture par ses gardes du corps. Selon l'hôpital, il souffrirait de « contusions importantes au visage, avec une blessure interne et externe de la lèvre supérieure et deux dents fracturées ».
L'agresseur arrêté, Massimo Tartaglia, 42 ans, a été transféré à la préfecture de police. Selon Ansa, il était soigné depuis dix ans pour problèmes mentaux. Hier soir, il a été accusé officiellement de « blessures aggravées préméditées » par le procureur Armando Spataro, chargé des affaires de terrorisme au parquet de Milan. Ce n'est pas la première fois que Berlusconi se fait attaquer : il y a plusieurs années à Rome, un homme lui avait jeté le trépied d'un appareil photo, lui ouvrant le cuir chevelu à la base du crâne.
L'agression d'hier intervient alors que Berlusconi traverse une tourmente politico-judiciaire. Son immunité pénale a été annulée en octobre et il est sous le coup de deux procès, l'un pour faux en bilan et l'autre pour corruption de témoins. En meeting hier, le Cavaliere s'en est d'ailleurs pris aux « juges politisés », à la gauche qui sème « la haine et l'envie » et aux médias. La semaine dernière, 350 000 personnes avaient défilé à Rome pour réclamer sa démission, lors d'un « No Berlusconi Day ». W