Un procès problématique du point de vue légal

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Publié le 2 décembre 2009.

En décidant de juger John Demjanjuk pour complicité dans des meurtres de Juifs ordonnés par des SS allemands, l'Allemagne s'est exposée à des reproches que la défense tente d'exploiter.

En effet, ce procès est le résultat d'une nouvelle politique. Les gouvernements allemands avaient jusqu'à présent toujours refusé de juger sur leur territoire une personne n'ayant jamais eu la nationalité allemande. Le procès de Demjanjuk, Ukrainien émigré devenu apatride après avoir perdu sa citoyenneté américaine pour avoir caché son passé dans des camps nazis, constitue donc une rupture.

A l'ouverture du procès, avant-hier, l'avocat de Demjanjuk a mis en cause l'impartialité de la cour, reprochant à l'Allemagne de poursuivre un prétendu exécutant étranger, alors que des SS allemands de Sobibor ont été acquittés. « Comment se peut-il que ceux qui donnaient les ordres aient été innocentés ? a demandé Me Ulrich Busch. Du point de vue du droit et de la morale, il y a deux poids, deux mesures dans ce tribunal. » La cour d'assises de Munich a rejeté la demande de récusation, mais le reproche risque de continuer à peser sur le procès. Pour l'historienne Annette Weinke, de l'université de Jena (Est) : « Si Demjanjuk est reconnu coupable, alors nous aurons mal évalué la situation juridique par le passé », en décidant de ne pas juger en Allemagne les non-Allemands pour crimes commis sous le nazisme. Et il faudra « continuer les recherches » d'autres criminels étrangers, a reconnu Kurt Schrimm, directeur de l'Office d'enquête sur les crimes nazis à Ludwigsbourg (Sud-Ouest). W

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