l'ex-gardien du camp de Sobibor choisit la Stratégie de l'évitement

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Publié le 2 décembre 2009.

« Je suis sûr qu'il fait semblant d'être malade », a déclaré à l'AFP Thomas Blatt, un survivant du camp de Sobibor âgé de 82 ans venu de Californie. Le comportement de John Demjanjuk, 89 ans, jugé pour complicité du meurtre de 27 900 Juifs dans ce camp d'extermination nazi aujourd'hui situé en Pologne, a provoqué hier la colère de nombreuses parties civiles, dont certaines sont des rescapées et qui ont parfois fait un long voyage pour venir à Munich. Pour eux, l'accusé exagère ses ennuis de santé pour tenter de paralyser son procès.

Au deuxième jour du procès aux assises de Munich, l'audience a brièvement été suspendue après qu'il eut donné des signes de douleur à la tête et fut sorti de la salle. A son retour, il était couché sur le brancard, allongé sur le côté. Le juge lui a alors proposé de s'exprimer, mais l'un de ses avocats, Me Ulrich Busch, a expliqué que son client exerçait son droit à rester silencieux. La veille, il avait passé une partie de l'audience couché sur un brancard, entièrement recouvert d'une couverture, mais on avait ensuite pu le voir discuter avec animation avec son défenseur. David van Huiden, 78 ans, dont toute la famille a disparu à Sobibor, comme environ 250 000 Juifs, s'est dit furieux de voir Demjanjuk allongé sans faire face à ses accusateurs. « C'est dur d'accepter qu'il ne soit face à personne », a-t-il déclaré.

La famille de Demjanjuk, qui nie avoir été à Sobibor, assure qu'il est notamment atteint d'une leucémie et ne survivra pas à un procès. « Mon client a été déporté de force des Etats-Unis, alors qu'il est atteint d'une maladie mortelle », a plaidé Me Busch. Mais des experts médicaux ont confirmé des décisions de justice le considérant apte à comparaître, et un professeur d'hématologie a démenti qu'il soit atteint de leucémie. Les audiences ont toutefois été limités à deux fois 90 minutes par jour. Un temps effectivement très réduit pour les survivants de l'Holocauste, qui espère un procès pour l'histoire. Ainsi, Rivka Bitterman, qui vit à Jérusalem et dont le père est mort à Sobibor, attend « que Demjanjuk soit déclaré coupable et que le monde sache ce qui s'est passé à Sobibor ». W

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