Ce n'est pas la révolution. Mais tout de même. L'Union européenne (UE) ouvre un nouveau chapitre de son histoire ce soir avec l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne. Un texte hérité du projet mort-né de Constitution, dont l'innovation la plus marquante tient à la nomination d'un président et d'un haut représentant pour les Affaires étrangères (lire ci-dessous). Le texte devrait aussi faciliter les prises de décision d'une UE à vingt-sept pays et, peut-être bientôt, à plus de trente avec les Balkans et l'Islande.
Conseil européen Le droit de veto est limité pour une quarantaine de questions, dont la coopération judiciaire et policière. En ce qui concerne la politique étrangère, la fiscalité, la politique sociale ou la révision des traités, l'unanimité reste obligatoire. « Le texte ne règle pas tout, mais il va dans le bon sens », résume Sylvie Goulard, auteur de L'Union européenne pour les nuls (First).
La Commission européenne conserve son rôle central d'harmonisation d'un quotidien à vingt-sept. Présentée vendredi, la nouvelle équipe de José Manuel Barroso comprend toujours vingt-sept commissaires, parmi lesquels le Français Michel Barnier, nommé au Marché intérieur et aux Services, au grand dam de Londres.
Le Parlement voit ses pouvoirs renforcés, notamment en matière d'agriculture, de budget et d'énergie. « C'est une très bonne chose que ces questions soient débattues par les représentants des citoyens et plus seulement par des chefs d'Etat ou des diplomates », poursuit Sylvie Goulard. Un droit d'initiative populaire est prévu : un texte signé par un million de citoyens peut « inviter » la Commission à « soumettre » une proposition législative. Gadget ? Pas du tout, rétorque la spécialiste, qui voit dans cette disposition « la possibilité pour les citoyens de faire pression sur les institutions ».