Plus de lien. Le contact avec les ravisseurs des journalistes est coupé, selon Didier Julia lui-même. Le député UMP a réussi l’exploit de faire l’unanimité contre lui à propos de sa virée en Irak. Qualifiée de « pantalonnade lamentable » par Laurent Fabius (PS) et de « farce tragique » par l’UMP, la médiation parallèle pour libérer les deux journalistes français détenus en Irak depuis le 20 août est totalement condamnée par la classe politique française.
Reste que la démarche du député franc-tireur met l’Elysée dans l’embarras. Selon Le Monde daté d’aujourd’hui, des conseillers du Président aurait été au courant de cette initiative dès le 28 septembre. Sur fond de rivalité entre Didier Julia et un intermédiaire ivoirien proche de Laurent Gbagbo – lequel a prêté à plusieurs reprises son avion au député UMP –, l’Elysée aurait été sollicitée pour coordonner l’opération. Ce même jour, Julia, qui assure n’avoir informé personne de son initiative, aurait fait parvenir une note à l’Elysée – qui dit n’avoir ni soutenu ni approuvé l’initiative du député – faisant état de sa volonté de libérer les deux otages. Il se serait aussi entretenu au téléphone avec le conseiller diplomatique du Président, Maurice Gourdault-Montagne, ce que dément ce dernier.
Mis dans l’embarras, le gouvernement, auquel l’opposition demande des explications, souhaite reprendre la main alors qu’une source proche du dossier estime que l’initiative « Julia » a fait perdre une semaine à la diplomatie française. Hier, deux indonésiennes détenues par le même groupe que Christian Chesnot et Georges Malbrunot ont été libérées.Y. H.
© 20 minutes