BRUXELLES - Sylvie Goulard, auteur de «l'Europe pour les nuls» décrypte le processus de désignation du chef du Conseil européen qui se décide ce jeudi soir à Bruxelles...
Le Conseil européen, qui rassemble les chefs d'État ou chefs de gouvernement des vingt-sept pays membres de l'Union européenne,
se réunit ce jeudi soir à Bruxelles. Deux sujets sont au programme: d'une part, les représentants des 27
ont voté pour désigner le Président du Conseil européen, et d'autres part ils vont choisir le chef de la diplomatie européenne. Mais l’Union européenne est très divisée sur le sujet et les discussions pourraient durer jusqu'à tard dans la nuit.
Comment a été désigné le président de l'UE?
C'est le grand secret. Les membres
du Conseil européen se sont réunis ce jeudi soir à Bruxelles pour en discuter. Mais les traités en vigueur ne définissent pas de cadre bien défini sur le mode de désignation. «Ils vont décider à huis clos, les débats vont avoir lieu derrière des portes closes», explique Sylvie Goulard. Il était prévu qu'un vote à main levée ait lieu et que la majorité qualifiée soit nécessaire pour désigner l'élu, «mais on ne sait pas si cette procédure va être respectée», ajoute-t-elle.
Les candidats ont-ils fait campagne?
Non, il n'y a eu aucune campagne car il n'y a pas eu de candidature officielle. Les traités ne prévoient, en effet, aucun dépôt de dossier ou de programme par les candidats. «Or il aurait été bien qu'ils fassent campagne et que des débats soient organisés par les chaînes de télévision en Europe, regrette Sylvie Goulard, on aurait pu avoir un face à face Juncker-Blair par exemple.»
Pourquoi le Président de l'UE n'est-il pas élu au suffrage universel direct?
Ce serait trop compliqué. «Le suffrage universel direct n'est pas utilisé dans tous les pays de l'UE. C'est même un mode de scrutin très français», explique la spécialiste. «Et puis il aurait été difficile pour les candidats de faire campagne dans toute l'Europe».
Y a-t-il des femmes en lice pour la présidence?
Oui.
Parmi les six favoris - Jan Peter Balkenende, Jean-Claude Juncker, Wolfgang Schüssel, Tony Blair, Herman Van Rompuy - figure une seule femme. Il s'agit de la Lettone Vaira Vike-Freiberga, surnommée la «Dame de fer».
L'europe pour les nuls, par Sylvie Goulard, aux éditions First.
Maud Descamps