Le G8 laisse le monde sur sa faim à Rome

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Publié le 17 novembre 2009.

Les dirigeants réunis à Rome pour le sommet de la FAO se sont fixé pour objectif de nourrir chaque bouche de la planète. Est-ce possible ? Décryptage.

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Où en est-on aujourd'hui de la faim dans le monde ? La FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) note une nette aggravation de la situation. L'agence de l'ONU estime que 1,2 milliard de personnes souffrent de la faim aujourd'hui. Dans le monde, une personne meurt de faim toutes les six secondes. A cela, plusieurs raisons. Notamment des années de politique agricole tournée vers l'exportation. « Dans les années 1970, les politiques d'ajustement structurel encourageaient les pays en voie de développement à abandonner les cultures traditionnelles pour se tourner vers des cultures exportables », explique Frédéric Baudouin auteur de La Faim dans le monde : crises d'aujourd'hui et défis de demain (édition de l'Ecole des mines). Résultat : ces pays ne peuvent plus aujourd'hui nourrir leur population.

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L'ambition de la FAO d'éradiquer la faim est-elle réalisable ? Difficilement. « Cela demande des engagements forts et sur la longueur », analyse Philippe Chalmin, auteur de Le monde a faim : quelques réflexions sur l'avenir agricole et alimentaire de l'humanité au XXIe siècle (Bourin Editeur). Mais sans les dirigeants des huit pays les plus puissants, l'objectif paraît encore plus difficile à tenir. Les dirigeants du G8 avaient tous participé au sommet qui s'est tenu en juillet à L'Aquila (Italie) et des engagements à hauteur de vingt milliards de dollars avaient été pris. « Le sommet qui se tient actuellement à Rome était une opportunité pour lancer enfin le partenariat sur l'agriculture locale », décrypte Catherine Gaudard du Comité catholique contre la faim et pour le développement. Sans le G8, ce sommet « est une coquille vide ».

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A quoi se sont engagés les Etats participant au sommet de Rome ? A « veiller à ce que des mesures urgentes soient prises [...], pour réduire de moitié respectivement le pourcentage et le nombre de personnes souffrant de la faim et de la malnutrition d'ici à 2015 », selon le texte signé hier. Mais le principal défi à relever demain sera celui de l'explosion démographique. Selon Philippe Chalmin, « pour répondre à la demande de plus en plus forte, il faudra qu'en 2050 nous ayons multiplié par deux la production agricole mondiale ». W

Maud Descamps
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