Faim dans le monde: mais où sont les dirigeants du G8?

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Publié le 16 novembre 2009.

SOLIDARITE - Alors que toutes les six secondes, un enfant meurt de faim dans le monde, les pays riches snobent le sommet de la FAO...

Mais qui se soucie encore de la faim dans le monde? Pas les dirigeants du G8, c'est sûr. Les représentants de ces huit pays, parmi les plus puissants économiquement de la planète, ont bien autre chose à faire que de parler tragédie humaine. Notre Premier ministre François Fillon doit donner un discours ce lundi après-midi devant l'ensemble des acteurs de la réforme de l'administration territoriale de l'Etat. Nicolas Sarkozy, quant à lui, reçoit son homologue irakien Jalal Talabani. Il faut dire que le sujet n'a pas tendance à passionner les Français.

Mais une soixantaine de chefs d'Etat participent, tout de même, à partir de ce lundi à Rome au sommet de la FAO. Outre le pape Benoît XVI, des chefs d'Etats venus surtout d'Afrique, d'Asie et d'Amérique Latine ont répondu à l'invitation de l'organisation des Nations unies pour l'Agriculture et l'Alimentation (FAO). Parmi eux, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, le président brésilien Lula et son homologue controversé, le Zimbabwéen Robert Mugabe.

«Une assiette vide au sommet de la FAO»


Du côté des pays du G8, seule l'Italie sera représentée par son chef du gouvernement, Silvio Berlusconi, qui, au passage, échappe à la réouverture d'un procès prévue le même jour à Milan. Pour Jacques Diouf, directeur général de la FAO, «le combat contre la faim peut être remporté». Mais «né au forceps», ce sommet sur la sécurité alimentaire a vu le jour dans un «climat de grand scepticisme», les puissances occidentales plaidant pour un changement de stratégie dans la lutte contre la faim, selon une source diplomatique latino-américaine.

En juin 2008, les pays membres de la FAO s'étaient engagés à réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim d'ici à 2015. Depuis, ce chiffre est passé de 850 millions à 1,02 milliard. Le journal de la Conférence épiscopale italienne Avvenire a prévenu contre un «risque d'échec» craignant «une assiette vide au sommet de la FAO», tandis que le maire de Rome, Gianni Alemanno, s'est déjà déclaré «déçu» par le projet de déclaration finale.

>> A lire également: un milliard d'êtres humains souffrent de la faim dans le monde, ici

Objectif: éradiquer la faim

Les dirigeants réunis à Rome se sont fixé pour «objectif stratégique» d'«éradiquer la faim dans le monde», notamment par un renforcement des financements à l'agriculture, dans une déclaration finale adoptée ce lundi.

Aucun nouvel engagement chiffré ne figure dans ce texte d'une quarantaine d'articles, notamment pas les 44 milliards de dollars annuels pour l'agriculture, jugés nécessaires par la FAO. Les auteurs de la déclaration se contentent de saluer la promesse des membres du G8 à l'Aquila en juillet dernier de mobiliser 20 milliards de dollars sur trois ans contre la faim, et de demander que «ces engagements soient honorés».
M. D. avec agence
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