L'Ukraine en proie à la panique face à l'épidémie de grippe A

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Publié le 11 novembre 2009.

SANTE - Depuis deux semaines, le pays renvoie au monde l'image d'un état malade, dans l'œil du cyclone de la grippe H1N1...

Si la panique est bien réelle dans cette république d'Ex-URSS, les chiffres de l'épidémie sont à manipuler avec précaution. En un mois, 1,122 millions de cas de malades. selon Ministere de la santé, et 189 personnes sont mortes.

Des chiffres beaucoup plus hauts que chez les voisins polonais ou russes, mais qui restent pourtant dans la norme des années précédentes en Ukraine, où la grippe fait chaque année de nombreuses victimes. La grosse inconnue, c'est la part de responsabilité du virus H1N1 dans cette épidémie. Seuls 67 cas ont pu formellement lui être attribué chez les malades, dont 15 cas mortels.

L'OMS
, actuellement en mission dans l'Ouest, là où l'infection est la plus sévère, reste aussi prudente: «Les tests sont difficiles et longs à mener, en raison du manque de laboratoires, explique Christian Lindenmayer, l'un des experts sur place. Mais il est possible que la plupart de ces cas soient liés au H1N1».

Les rumeurs les plus folles circulent

Les autorités ukrainiennes, l'œil visé sur le compteur dans la crainte mondiale de la grippe A, n'ont pas attendu le diagnostic pour sortir le grand jeu, quitte à affoler la population: écoles fermées, rassemblements publics interdits, une partie du pays placé sous quarantaine... «La dernière fois que l'on a vu ce genre de panique, c'était lors de la catastrophe de Tchernobyl», estime Dimitri Simonov. Ce Kiévien vend des équipements de sécurité notamment des masques respiratoires.

Quand l'épidémie de grippe a été décrétée, son stock a été dévalisé en quelques heures. «Le manque d'information, les rumeurs les plus folles qui circulent... depuis, tout le monde se pose la même question: Est-ce une panique objective, ou bien provoquée par les politiciens?» En pleine campagne présidentielle, Ioulia Timochenko, Premier ministre et candidate, en rajoute dans le rôle d''infirmière en chef.

Depuis quelques jours, le Ministère de la santé constate un léger ralentissement des cas à l'ouest du pays. Mais là encore, la méconnaissance du virus H1N1 empêche tout pronostic: «C'est la particularité de ce virus, il va vite et il est imprévisible, rappelle Christian Lindenmayer. Nous ne sommes pas non plus à l'abri d'un deuxième pic de grippe dans les semaines à venir, où d'un déplacement du virus à l'es ». Dans le doute, le président Iouchtchenko appelle la population «à se préparer».
Marie Kovak
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