FAITS-DIVERS - Depuis des années, les voisins se plaignaient des mauvaises odeurs...
Une odeur nauséabonde. Les voisins de la «maison de l'horreur» de Cleveland, comme la surnomment les médias américains, s'étaient plaints aux autorités de l'odeur flottant dans cette partie d
'Imperial Avenue où Anthony Sowell habitait une maison coquette. Mais beaucoup imaginaient qu'elle provenait d'une boucherie située à proximité.
Jeudi 29 octobre, ils ont découvert avec effroi que l’odeur provenait en fait de la maison de trois étages qu’habitait Anthony Sowell, 50 ans, arrêté samedi dernier, après la
découverte des premiers corps. Zack Reed, un conseiller municipal, entend réclamer une enquête indépendante pour savoir pourquoi les autorités n'ont pas réagi malgré les plaintes du voisinage. «Les riverains sont furieux et ils ont tout lieu de l'être», a-t-il déclaré, assurant avoir alerté les services sanitaires de la ville il y a environ deux ans et demi, après qu'un voisin eut fait état de l'odeur nauséabonde du quartier. «Nos services sanitaires auraient dû pouvoir faire la différence entre l'odeur d'un cadavre et celle de la viande», a-t-il dit.
Onze cadavres en décomposition
La police a finalement perquisitionné la semaine dernière après avoir été alertée par une femme qui avait survécu en septembre à un viol. Le suspect n'était pas chez lui, mais les policiers ont découvert cinq corps de femmes en état de décomposition avancée dans la maison même et un sixième cadavre dans le jardin. Mardi, les enquêteurs ont annoncé avoir mis au jour
quatre autres cadavres et un crâne, portant le nombre de victimes présumées à onze. Les six premiers corps, étranglés, ont été identifiés comme étant ceux de femmes noires et l'institut médico-légal travaille aux autres autopsies.
Anthony Sowell s'est laissé arrêter sans résistance samedi alors qu'il marchait dans le quartier, après avoir été reconnu par un voisin. Selon des habitants, la famille du suspect a habité les lieux pendant des années. Anthony Sowell vivait au troisième étage de la bâtisse où il était revenu s'installer après ses 15 années de prison pour viol.
Les fouilles continuent
Dans l'acte d'accusation lu mercredi, la justice a retenu contre le suspect plusieurs chefs d'inculpation, dont «meurtres avec circonstances aggravantes», «viols» et «enlèvement». Anthony Sowell regardait droit devant lui pendant que le juge lisait l'acte d'accusation.
La police a fini mardi de ratisser le jardin mais poursuivait ses recherches à l'intérieur de la maison. Les habitants qui rechercheraient des proches disparus sont invités à fournir des photos aux enquêteurs. Les policiers ont prévu de fouiller les logements vides dans un rayon de 800 mètres autour de la maison à la recherche d'autres corps éventuels.
B.D. avec agence