ETATS-UNIS - Un groupe de 40 parlementaires menace de bloquer le texte s'il n'interdit pas l'emploi de fonds fédéraux pour rembourser la procédure...
De notre correspondant à Los Angeles
La réforme
tant souhaitée par Obama pourrait capoter pour de nombreuses raisons. En vrac: l'inquiétude face aux dépenses, l'influence des lobbies ou encore la question de la couverture pour les clandestins. Mais depuis quelques jours, un sujet est revenu sur le devant de la scène: celui de l'avortement. Ou plus exactement de son financement.
Jeudi, la démocrate Nancy Pelosi a présenté le texte –
un beau bébé de 1990 pages proposant notamment d'instaurer une option de couverture publique– qui sera débattu la semaine prochaine par la Chambre basse du Congrès. Le représentant démocrate du Michigan
Bart Stupak a déjà prévenu: si son amendement interdisant l'utilisation de fonds fédéraux dans le cadre d'un avortement n'est pas inclus, il ne soutiendra pas le texte. Ce catholique espère «qu'une bonne partie» d'un bloc d'une quarantaine de ses collègues démocrates tendance conservateurs se joindront à lui. Mathématiquement, si 41 démocrates votaient avec les 177 républicains de la Chambre, ils pourraient empêcher que le texte soit débattu. L'argument est le suivant: si je suis un Américain
pro-life (anti-avortement), je ne veux pas que mes impôts servent à prendre en charge une procédure opposée à mes principes.
Légal mais peu pris en charge
Cotés privé, près de
90% des assureurs rembourse un avortement sur le papier. Problème:
Qu'est-ce qui changerait avec la réforme?
Rien n'est clair pour l'instant. Mais selon le raisonnement de certains démocrates, la situation pourrait empirer si l'amendement de
Bart Stupak passait. Il étendrait en effet les restrictions à l'offre d'assurance publique mise en place par la réforme. Une femme qui quitterait son assureur privé pour l'offre publique pourrait donc perdre la prise en charge de l'avortement dont elle disposait.
Au milieu de tout ça, Obama a juré que le texte qu'il validerait préserverait le délicat statut-quo. Les débats au Congrès s'annoncent houleux.
Philippe Berry