POLITIQUE - C'est l'un des enjeux officieux du sommet de ce jeudi soir à Bruxelles...
L'entrée en vigueur du traité de Lisbonne, si les 27 arrivent à
persuader le président tchèque de la signer, prévoit la création du poste de président de l'Union européenne. Evidemment, le titre attire des convoitises: mais hormis Tony Blair, tous sont peu connus. Revue de détails des candidats déclarés et des autres.
Ils sont candidats.
Anthony «Tony» Blair
CV: ancien premier ministre du Royaume-Uni.
Age: 56 ans.
Qualités: Cela ferait enfin une tête connue à la tête de l'Union européenne. Blair est connu dans le monde entier, et dégage un charisme réel. C'est un politique d'expérience de niveau mondial.
Défauts: Le Royaume-Uni n'est pas précisément un moteur de l'Union européenne. Le pays a refusé de passer à l'euro, et ne fait pas partie de l'espace Schenghen, qui a ouvert les frontières entre les différents pays de l'UE. D'où les contrôles drastiques pour embarquer à bord de l'Eurostar.
Tony Blair a également été un fervent soutien de la guerre en Irak, ce qui ne devrait pas enchanter la France, l'Allemagne, l'Espagne, entre autres.
Jean-Claude Juncker
CV: Premier ministre luxembourgeois.
Age: 54 ans.
Qualités: C'est un très fin connaisseur des institutions européennes. A tel point qu'en 2004, après une nouvelle victoire de sa coalition au Luxembourg - il est Premier ministre depuis 1995 - son nom est avancé comme président de la Commission européenne. Il décline. Un an plus tard, il prend toutefois la présidence de l'Eurogroupe, l'organe de concertation des ministres des finances de l'U.E.
Défauts: A l'heure de la crise financière, on lui a reproché d'être resté très en retrait. Son pays, le Luxembourg, fait du secret bancaire une question de principe. Avec l'Autriche, le pays a ainsi
bloqué un accord contre la fraude fiscale . Pas forcément un atout à l'heure où l'on évoque la régulation du capitalisme.
Vaira Viker Freiberga
CV: ancienne présidente de la Lettonie.
Age: 71 ans.
Qualités: Enfin quelqu'un qui est ouvertement candidate, et soutenue unanimement par son pays, alors que les
conservateurs et les
libéraux anglais ne goûtent guère la candidature de Tony Blair. Le symbole d'une femme présidente de l'UE a d'ores et déjà les faveurs de certains.
Défauts: Manifestement, ses chances sont faibles, selon des diplomates interrogés par l'AFP.
John Bruton
CV: ancien premier ministre de l'Irlande, il vient de déclarer son intérêt pour le poste.
Age: 62 ans.
Qualités: Avec son parti de centre-droit, il a géré une coalition tripartite, et possède donc un certain sens du compromis. Il a notamment fait vaoir son engagement au sein de la engagement européen dans le cadre de la Convention sur l'avenir de l'Europe.
Défauts: Ambassadeur de l'Irlande aux Etats-Unis, il est retiré de la vie politique européenne.
Ils ne sont pas candidats mais...
Cela les empêchera-t-il d'être élus? Pas forcément. Le mode de désignation au sein de l'UE, fait de marchandages en coulisses, fait qu'on se déclare rarement ouvertement avant la décision. C'est donc peut-être eux qui sont dans le vrai.
Jan Peter Balkenende
CV: Premier ministre des Pays-Bas.
Age: 53 ans.
Qualités: L'actuel dirigeant des Pays-bas est réputé être un homme de compromis. Dans son pays, il en a fait la preuve: ce chrétien-démocrate, élu Premier ministre en 2002, a dû composer avec une multitude d'alliés récalcitrants. Et nouer des alliances différentes à quatre reprises.
De plus, il a dit qu'il n'était pas candidat. Sa nomination n'apparaîtrait donc pas comme la victoire de certains sur d'autres.
Défauts: «Harry Potter», comme il est
surnommé dans son pays à cause de son look, n'est pas réputé pour avoir un charisme incroyable. Il est par ailleurs totalement inconnu: pas évident d'imposer sa voix sur la scène internationale.
Paavo Tapio Lipponen:
CV: ancien Premier ministre finandais.
Age: 68 ans.
Qualités: Il est social-démocrate. Sa candidature permettrait de réaliser un équilibre politique en Europe, où la commission et le Parlement sont dirigés par des hommes de centre-droit. Il a candidaté sans en avoir l'air, via une tribune sur l'avenir de l'UE dans le
Financial Times.
Défauts: Tout comme Jan Peter Balkenende, il n'est pas très - voire pas du tout - connu. Ça tombe bien, il a appelé à choisir un président de l'UE au «
profil modeste».
E. J.