C'est l'un des deux instigateurs avec Ratko Mladic du massacre de 8.000 musulmans à Srebrenica en juillet 1995. Le procès de Radovan Karadzic, 64 ans, accusé de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, doit s'ouvrir ce lundi à La Haye où se trouve le Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie.
Un procès très symbolique. Arrêté en juillet 2008 après treize années de clandestinité, Karadzic était, durant la guerre de Bosnie de 1992 à 1995, le bras droit de Slobodan Milosevic. Mais l'ex-président yougoslave est mort en 2006 avant la fin de son procès. La traduction de Karadzic devant les tribunaux est donc importante pour « les victimes qui voient que justice devrait être rendue », estime le procureur du TPI, Serge Brammertz.
«Noyé»
L'ancien chef politique des Serbes de Bosnie a annoncé la semaine dernière qu'il ne se présenterait pas devant le tribunal. Karadzic, qui a choisi de se défendre seul, s'est dit «noyé» sous le million de pages du dossier de l'accusation. Quels recours ont les juges? Soit le procès démarre aujourd'hui, comme prévu, mais le risque est de bafouer les droits de la défense, absente du prétoire.
Autre scénario: désigner un avocat chargé de défendre les intérêts de l'accusé, mais cela nécessitera un report de plusieurs mois, afin que le conseil prenne connaissance du dossier. Enfin, ajourner le procès ainsi que Karadzic l'avait demandé initialement. Cette dernière possibilité présente le risque de voir le procès s'enliser, comme ce fut le cas pour Milosevic, dont le procès a duré quatre ans sans parvenir à une condamnation.